3.1Illustrateurs chinois ( une série 1954 )

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C'est avec un plaisir particulier que nous présentons une sèrie de cartes d'illustrateurs chinois. On savait que les estampes chinoises jouissaient d'une aura universelle, elles sont prisées et partout fixées sur les cimaises de cabinets de curiosités d'amoureux de l'Orient. Mais les cartes illustrateurs chinois sont elles, absentes des inventaires des ventes publiques, des stocks de marchands et des collections privées. La raison est que la Chine d'avant les annnées 1950 était femée au monde, et sous le régime communiste de Mao-Tsé-Tong, fermée aux relations inter étatiques,et aux visites libres. Les artistes locaux travaillaient alors dans une faible ère de libérté, dans l' anonymat et une solitude totale. Mais cela ne veut pas dire que leur créativité s'en fut chlorophormée, bridée, en état d'hypnagogie ou d'hibernation. Comme on peut le voir ,ces cartes ont un charme irrésistible et sont marquées du sceau taoïste, .On reconnait là ,la maîtrise souveraine des artistes modernes chinois de cet art mineur, sans répudier le classissme de leurs maîtres de l'art graphique historique national. En effet, l 'Empire du Milieu a toujours apporté au monde un art éblouissant et raffiné. en particulier ces cartes d'une délicatesse graphique remarquable, sont dignes d'un ecléctisme cartophile rare. Dans un espace minimal ,elles intérprètent intensément trois arts: art graphique, art calligraphique et art pictural, fusionnant dans une harmonie indissociable d'une grande harmonie..

Au cours de notre voyage en Chine en 2000, nous avons fait esacale à Honk-Kong ( fleuve rouge ) , métropole incontournable de ce vaste pays. Ville au gigantisme vertigineux, aux 4000 gratte-ciel, doté d'un grand port international, d'un aéroport ultra moderne, et constituant la colonne vertébrale financière et commerciale de la Chine, son "axis Mundis". Honk-kong est la ville la plus cosmopolite au monde. Plusieurs dizaines de nationalités se cotoyent Ce voyage fut pour nous une escale excitante et enthousiasmante. Pendant des après-midi entiers , nous avons flané avec joie et émerveillement dans ses bas-quartiers, ses centres d'antiquité et de brocantes , ,ses bazars de froques pêle-mêl, ses vieilles rues étriquèes, laissant courir en leur milieu des flots ruisselant d'eau, et oú l'on marche au coude à coude , au milieu d'une foule effervescente et bigarée . Des rangées infinies de boutiques obscures crachant des objets des époques impériales d'art chinois, aux étals grands comme des patios ,nous tendaient leurs bras. Sans faillir, avons-nous passé des heures entiéres à chiner et à farfouiller dans les cartons de vieux papiers, que l'on nous présentait. Notre patience fut payée en retour par de belles trouvailles. En effet, les cartes chinoises anciennes et semi modernes sont imprimées avec un grand soin et sont dans un parfait état, sans moisissure, tâches, plis, ou trous. Leur support papier est robuste, lisse et brillant. Leurs qualités picturales raffinées, qu'elles fussent à but propagandiste ou publicitaire .

Les cartes présentées ci-dessous donnent un petit aperçu des trésors que nous avons constitué durant nos ballades.Elles traduisent une union conjuguée de la plume et du pinceau dans une unité d'harmonie totale, dans le pur esprit du taoïsme chinois.Ces échantillons de l'art cartophile chinois ne courrent pas les rues,ils sont inédits, c'est la raison pour laquelle nous les faisons découvrir à nos lecteurs.

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3.0 Les cartes postales illustrateurs

Dans le vaste champ de thèmes que décrit la cartophilie, celui-ci se distingue singulièrement de l'ensemble. A cela, nous voyons trois raisons au moins : 1 ) la rareté de ses cartes ,  2) Une demande pressante, 3) La forte cotation de ses cartes sur le marché. Par ailleurs, il possède des atouts remarquables qui le différencient du reste . C'est un thème fascinant , convoité et prestigieux de notre doux hobby. Constamment thésaurisé, recherché et chèrement acquit..Les riches collectionneurs allemands, les américains afficionados d'Art Nouveau, les amateurs d'art  potentiellement aisés, sont ses principaux thésauriseurs. Il est vu  comme le "primus inter pares" de tous les thémes. On le gratifie parfois de "Shintoï " de la cartophilie. Comment alors ne pas l'évoquer et en décrypter les codes et les secrets.?. Ne pouvant faire face ici à l'ampleur du sujet, ( il faudrait un livre à lui seul )  nous nous contenterons de le traiter dans ses grandes lignes. En effet,de nombreux ouvrages substantiels lui furent consacrés. Des copies, des surcopies, des reproductions de ses cartes infiltrent les marchés.

Toute collection a ses "must ", autrement dit ses trésors, ses fleurons, au propre et au figuré sans lesquels elle n'exercerait pas longtemps son attrait et son aimentation. Car alors, elle finirait par lasser et disparaitre d'elle-même. Et quoique qu'on pense, toute collection doit livrer et distiller un miel ou un plaisir incandescent, lequel tire sa force de ses qualités intrinséques, de sa particuliarité et de sa  beauté. Les Musées ne s'y prennent pas autrement pour choisr les objets de collection.et en faire des trésors historiques. Toute collection doit constamment  s'enrichir et préserver ses valeurs :  Molière a compris cela :" La beauté d'un visage est le pus doux des spectacles".

Ainsi la collection de cartes postales illustrateurs rayonne d'une lumière particulière, lumière pénétrante par ses qualités picturales, d'abord, ensuite historiques, car ses inventions  sont indissociables de la domination artistique europèenne qui eut cours pendant la période  charnière du XX siécle. En effet, il est facile de lire sur ces cartes les signatures illustres de maîtres-peintres parmi les plus doués de leurs temps, citons : Manet,Toulouse-Lautrec, Bonnard, Redon, Maurice Denis,Steinhlen, Villon, Mucha, Cheret, De Feure, G.Meinier, E.Grasset etc pour la France ; Kokochka, Schiele, Koloman Moser, Noholy.Magy, etc pour l'Autriche; Meschini, Zecchin, Martini, Chiostri, Tato etc pour l'Italie , Kandinsky, Klee, Feininger, Rotluf.Schmit, Mack, etc pour l' Allemagne, pour ne citer que quelques uns parmi les anciens ayant évolué à l'aube du XX siécle . Parmi les contemporains on peut citer, Picasso, Hundertwasser, Folon, Tinguely,Joseph Beuys, Wahrol, Pasquiat, Baselitz, Bilal, Harring, Grange,etc. En fait, sa lecture conte l'histoire illustrée d'événements artisitiques et culturels qui ont jalonné cette période.

Origine et réalisation des cartes postales illustrateurs.

Les anglais les appellent les "Masterpièces Post-Cards".

Précaution: ne pas confondre carte illustrateur et carte illustrée !

Dans les années charnières du début du XX siècle, vers 1890-1900, une industrie prospère et diversifiée prenait naissance en Europe. Les articles pharmaceutiques, domestiques, peinture laquée,cigarettes et liqueurs, biscuits,papier à cigarettes, cycles, motos, trains, bâteaux, etc foisonnaient et avaient donc besoin de réclame bon marché de "marketting" , dira-t-on aujourd'hui.terme inconnu pour les publiscistes d'alors. Cette profusion d'articles est sans doute le corollaire d'une mécanisation croissante dûe aux inventions techniques nombreuses du XIX siècle. Ainsi, désirant promouvoir leurs produits, les industriels aussi bien que les grands commerces lancèrent les "Concours d'Affiches", illustrations géantes sur papier collables sur murs des villes, qui du reste ont toujours cours de nos jours. Pour cela, il invitèrent des dessinateurs, des aritstes- peintres les plus en vue du moment à composer des affiches vantant leur articles. les meilleurs obtinrent des prix.Les artistes parmi lesquels de grosses pointures de l'époque se mirent au travail . Certaines séries de cartes illustrateurs sont la purement et simplement la reproduction miniaturisée de ces affiches. Elles portent identiquement la mention "Concours" La série Job en est un exemple parfait. On peut y lire le nom du lauréat. La série Cocorico, Job, Byrrh illustrent clairement ce processus de propagande commerciale. L'excellent livre L'Affiche dans le monde" d'Alain Will, le Consevateur du Musé de l'Affiche de Paris, induit immédiatemnt cette hypothése. Ainsi donc,la fille carte illustrateur est la copie fidéle de la mère affiche. D'autre part, moults journaux français de l'époque devaient leur succés grâce aux belles illustrations imaginées par les déssianteurs et artistes-peintres. Citons quelques uns : l'Assiette au beurre, le Journal Parisien, la Revue Blanche, la Mode, Parisienne, le Cocorico, la Gazette de Paris etc.

Des séries de cartes illustrateurs remarquables faisant le bonheur de fans actuels doivent leur existence via ce procédé. C'est la raison pour laquelle on appela cette période " l'âge d'or de l'affiche", période dominée par Chéret dit "inventeur de l'Affiche" en couleurs. Les actions innovatrices de la mode féminine des maîtres-couturiers, Doucet, Poiret et Dior, bouleversa les habitudes vestimentaires des belles bourgeoises, et pour appuyer son attracticité, ils multiplièrent les journaux de mode, dans lesquels d'exquises illustations foisonnèrent. L'industrie d'exportation française en matière de mode connut alors son meilleur saut, ses retombées en économie nationale gonflèrent le trésor public. Le théâtre scénique, les ballets, l'Opéra lyrique, la "Grande Musique", berçèrent mélancoliquement les soirées mondaines, les affiches assurant le meilleur impact. On a reproduit ces affiches et on les lancées comme comme une bouteillle à la mer, On ne douta guère de leur succés phénoménal survenu un siécle plus tard . On a de quoi être étonné le prix de certaines de ces cartes, par ex .la carte "Cycle Waverly" de Mucha , se vend 5 à 10 fois le pris de l'affiche, s'il on en trouve encore. Une carte "Kandinsky " de la série Bahaus ( 20 cartes ) se vent à prés de 5000 euros; sans les taxes ? La série BAUHAUS complète a atteint 70.000 euros ! Pour la série prestigieuse viennoise "Wiener Werkstätte" de1100 cartes environs, impossible d'articuler un prix. Une seule de ses cartes de l'artiste Egon Schiele, fait entre 3000 et 4000 euros ! Ces séries là ne furent dévoilées dans leur totalité au public que récemment. Et c'est tant mieux, car maintenant leur 'intérêt s'est accru considérablement. Mais, il y a la mode et on verra ? Et à cet égard, Impossible de faire des projections d'avenir. Pour l'instant, elles continuent à fasciner et des investisseurs semblent se bousculer au portillon chez Weissenbock à Salzbourg !

L'énumération ci dessous des séries illustrateurs n'est pas exshaustive. Nous en sommes loin, car leur liste est si vaste d'une part, leur nationalité spécifique d'autre part, que cela nécessite un volume à part.Nous nous limiterons aux principales, celles qui passent régilièrement ou temporairement dans les ventes, à quelques exceptions près.Les séries précitées complètent ne passent quasiment jamais dans les ventes, tant elles sont rares, voir très rares ! je n'en connais personne au monde possédant simultanément ces deux séries ! Encore un aspect phénoménal de notre hobby.

Afin de donner plus de clarté à notre sujet, nous présentons les séries illustrateurs par pays.

FRANCE

Comme il vient d'être dit plus haut, la vogue de l'affiche d'art sous la férule de J.Cheret en 1898, a donné suite à une explosion dans l'édition de cartes postales illustrateurs .Aussi la mode féminine dans sa pleine éclosion , augmenta-t-elle la force séductrice de l'illustration en couleur de la carte postale. Les séries listées ci-dessous sont donc en couleurs. Généralement, les cartes de ces séries sont numérotées. Le projet de concours se reconnaît du fait de la participation récurente de certains artistes dans plusieurs séries.L'éditeur Champennois accapare à lui seul l'impression de plusieurs cartes illustrateurs et notamment celle de Mucha.

1) La série Cinos

Cette série est éditée en 1898. Elle comprend environs 25 cartes.Elle est particulièrement prestigieuse en raison de la participation de l'artiste fameux mais nabot,Toulouse-Lautrec dont la carte a la plus haute côte et qui est rarissime.

1) J.Cheret,2,3,4,5,6,7, 8 Duizolle, 9 Grasset, 10 Japhet, 11 Métivet, 12 Mucha, 13 Mucha, 14 Mucha, 15 Mucha, 16 Noury, 17 Pal, 18 Patridge,19 Patridge,20 Redon,21 Redon, 22 Redon, 23 Tabouret, 24 Musée Grevin, 25 La Goule ,Toulouse Lautrec

2) La série Cocorico

Cette série date de 1900. Elle provient de la revue Cocorico.Elle comprend 12 cartes dont la plus prestigieuse est celle de Mucha.

1) Does, 2 Faverot 3 De Feure 4 Kienerk,5 Kupka, 6 Léandre, 7 Michael 8 Mucha 9 Popineau 10 Roubille, 11 Steinlen, 12 Willette

3) La série "collection des cents"

Cette série est éditée en 1901. Elle comprend 99 cartes. Cette dernière souffre d'un défaut à nos yeux : le manque d'unité . En effet , un mélange de genres la parcourt .On y trouve du très bon , du puéril, et du moins bon. La numérotation est incertaine, non garantie et peut-être aléatoire, voire arbitraire.C'est une série un peu abracadabrandesque.

Son titre prend son sens dans l'exposition régulière de peintres groupés en "Salon des cents", à Paris, groupe de peintres séléctionnés et oú dominent des dessinateurs bien plus que des peintres. Sa position consistait à défendre sa place face au "salon des indépendants" une autre association d'artistes-peintres aussi remuante mais néanmoins moins combative

1 Merson, 2 Morin, Morin, 4 Steinlen, 5 Borgex, 6 Sem, 7 Girardot, 8 Léandre 9 Boutet, 10 Cadel, 11 Grégoire, 12 Mucha, 13 Mucha, 14 Caran d'Ache, 15 Lebegue 16 Baer, 17 Bonnet, 18 Grasset, 19 Bac, 20 Bac, 21 Ranst, 22 Lebegue, 23 Wely, 24 Wely, 25 Lelee, 26 Willette, 27 Guilaume, 28 Villon, 29 Chapron, 30 Boiry, 31 Giraldon, 32 Pean, 33 Henrida 34 Le Petit 35 Escudier, 36 Gorguet, 37 Dola, 38 Noury, 39 Jouve, 40 Cheret, 41 Cadiou, 42 Conrad, 43 Conrad, 44 Flament 45 Guignebault, 46 Burret, 47 Verneuil, 48 Follot, 49 Le Petit, 50 Varé, 51 Hera, 52 Guerin, 53 Kauffmann. 54 Cause, 55 De Beauvais, 56 Tild, 57 Auriol, 58 Herbinier 59 Fernel, 60 Cassel, 61 Widhoft, 62 Bigot, 63 Gambey, 64 Riom, 65 Maetlstete, 66 Delau , 67 Chantesais, 68 Paris, 69 Marodon, 70 Dinet, 71 Vallet, 72 Hermann, 73 Huard, 74 Lewis, 75 Chivot, 76 Frog, 77 Kosa, 78 Naudin, 79 De Barberies, 80 Baschilec, 81 Cappiello, 82 Espinasse, 83 Gerbault, 84 Gose, 85 Grün, 86 Ibels, 87 Jacqiuer, 88 Jossot, 89 Lem 90 Le Riverand, 91 Metivet, 92 Meunier, 93 Mirande, 94 Orens, 95 Robida, 96 Roubille, 97 Testevuide, 98 Vogel, 99 Lem

4) La série Byrrh

Cette série doit son nom à une liqueur à base de quinquina. Elle comprend 113 cartes et sa création date de 1906. Une condition était imposée à tous les concurrents. Chaque affiche doit comporter la mention entière "Byrrh,tonique, hygiénique, à base de vins généreux et de quinquina". C'est une série portant les noms des poids lourds dessinateurs affichistes de l'époque. De nombreux lauréats ex-equo sont mentionnés. A remarquer l'absence de Mucha, Cheret et Grasset. La série est un modéle de virtuosité affichiste des artistes présents. La créativité et le parfait équilibre de la mise en page est exemplaire. Cette série est très séduisante dans sa présentation complète. Elle tient bien la côte sur le marché.

Par ordre alphabétique :

Albertitus, André , André(2 ) , Barlangue Baeyen , Beaune Miller, De Beaupre, Bezon, Bofa, Boulanger, Boulet,Bourgeois, Briot, Brouillet, Brugairolles,Bruyer,Butteri, Cadiou, Cardona,Cartège, De Casimacker, Cauche, Chamson, Chenet, Cleret, Croize , Debize, Delaspré, Delaunay,Delorme,Deluermo,Denis.M,Desrousseaux, De touche, Diana, Dufau, Dumas, Edelmann,Engel, Falke, Félix, Foache, Forestier, Gardette, Du Gardier, Gauret,Gezel, Giraldon, Glukowski, Gos, Gosé, Guyon, Hemard, Henning, Herbinier, Hista, Hubert, De lankowski, Jaumandreu, Jayet, Joannon,Kienerk,Kirchner R, De Laban, Lackerbauer, Lamberton, Lançon, Launay, Laurain,Laurent, Leenhardt, Lehmann, Leroux, Levavasseur, Leydet, Londe, Malespine, De Marliave, Marsal, Meunier G, Moloch, Mottez, Paulme, Péan, Le Petit, Le Petit ( 2), Ponsam, on Popper, Poustomis, Quesnel, Redon, Renard, Ridel, Rioux, Rivière, Roz, Rudeaux, Schaan, Schmidt, Selves, De Sen, Spillar, Szekely, Thoren, Torrent, Trilleau, Trinquier, Valotton.F,Van Offel, Vavasseur, Voloz, Walter.

A noter la participation des maîtres : Kirchner, Redon, Valotton, Denis Maurice, L'absence de Mucha, Cheret, Grasset.Cette série circule beaucoup dans les ventes. Peu ont voyagé, c'est un élément qui fait leur charme, vu qu'elles représentent de belles illustrations. Et en général, les collectionneurs tiennent à cet état de conservation ! GervaisEncore une fois, la côte repose sur la célébrité de leur auteur. Valotton et Denis sont au sommet.

5) La série JOB

Jean Pardou, fabricant de papier à cigarette lança un concours d'affiches parmi les artistes en vue , afin de promouvoir son produit, et dans ce cas, fit appel aux plus talentueux d'entre eux: Mucha, Cheret , Meunier, Capiello etc. Cette série fut produite entre 1895 et 1914. Elle comporte des cartes verticales et des cartes horizontales qui sont imprimées sur du papier de décoration du plus bel effet. C'est sans doute la série qui fait craquer l'amateur ! Des sous-séries existent; on en dénombre 5.

La série principale compte 30 cartes connues. Encore une fois, celle de Mucha, très belle, tient le haut du pavé. Les autres artistes ont donné le meilleur d'eux-mêmes.Le comité de séléction du Concours devait apparemment être très exigeant et intransigeant. Il le fut pour le bonheur des afficionados modernes.

1 Bouisset 1895, 2 Meunier G 1895, 3 Cheret, 1896 4 Arche 1897, 5 Maurice 1897 , 6 Mucha,1898 7 Granner, 1898 8 Hernandez 1898, 9 Mucha 1898, 10 Asti 1899, 11 Leandre 1900, 12 Maxence 1901, 13 Gervais 1902, 14 Maxence 1903, 15 Gervais , 16 Gervais, 17 Maxence,1905 18 Casas, 19 Duvocelle 1906, 20 Villa 1907, 21 Rochegrosse 1908 , 22 Gervais 1909, 23 Gervais 1910, 24 Rachegrosse 1910, 25, Gervais 1911, 26 Gervais 1906, 27 Graner 1912, 28 Capiello 1914, 29 Nuc Thuc 1914, 30 Rochegrosse 1914

A noter le succés de P.Gervais avec 7 séléctions. Mucha plaça deux très belles cartes ! Ce cas montre la présence de réels spécialistes de l'affiche car peu de maîtres-peintres peuvent y exceller....La série JOB est une splendide série inégalée et rehausse pleinement le prestige de ce thème. Elle ne circule pas beaucoup, à croire qu'elle attache solidement le coeur de ses collectionneurs. Série croyons-nous qui tiendra longtemps la barre haute des séries françaises et fera honneur aux créateurs de ses affiches.

 6) La série Mariani

Cette série comprend prés de 150 cartes , édirées en1910. De la même inspiration que la Byrrh, elle traduit la publicité pour le vin Mariani. Sa fabrication a une particularité : .les cartes étaient groupées par pochette de 30 pièces.Les cartes ne sont pas numérotées. Nous citons une petite séléction d'artistes:

Boutet, Cain, Carrière, Cheret, Faivre, Grün, Hansi, Léandre, Levy Durhrmer, L'Hermite, Maxence, Meunier, Mucha, Muyden, Poulbot, Rabier, Ribera, Robida, Rochegrosse, Roubille, Sem, Steinlein, Valle, Zislin etc.

Cette série apparait comme un doublon de la Byrrh, une sorte de "déjà vu " aussi n'excite -t-elle pas autant que cette dernière. Un peintre original et de grande force y participe: Levy Durhmer. On retrouve aussi les valeurs sûres traditionnelles: Mucha, Cheret, Meunier,Steinlen. Leur cote est inférieure à celle des Byrrh.

L' ALLEMAGNE

Comme on l'a dit plus haut, en 1900 ce pays disposait d'un équipement d'imprimerie très perfectionné. C'est la raison pour laquelle, il se situait dans le peloton de tête de la production. Cependant, bien que certains artistes y excellèrent dans le "Jugend Styl", ils n'atteignirent pas le summum du génie français et italien très à l'aise dans le domaine du beau et du glamour. La Mode en constante innovation à Paris et à Rome, s'exporte hors frontières europèennes. Le goût français et italien dans l'art et la décoration rencontre un écho mondial , les riches et héritières américaines, viennent garnir fièrement leur garde-robe de "French beauty" à Paris. En peinture, en littérature, en architecture, on vient se faire un nom dans ces capitales. Au XIX siècle déjà, le grand poète Goethe lui-même rêvait de l'Italie et le raconta dans son livre "Voyage en Italie".Byron, Hemingway, s'y sentirent en France mieux que chez eux.

Les séries de cartes d'illustrateurs allemands ne sont guère absentes dans ce panorama, mais elles elle ne rencontrent pas un succés comparable à celui de leurs consoeurs françaises et italiennes.

1) La série Jugend

Cette désignation désigne la production de séries éditée par le journal du même nom, et s'inspirant de l'Art Nouveau, auquel les allemands donnérent le nom de "Jugend Styl " La première série de 1898 est chromolithographiée et très stilisée. D'autres cartes "Jugend" sont monocolores et porte la marque du symbolisme juvénile et Pro Nature .

Il faut relever un ensemble de cartes anonymes, à fond vert vif très réussies. Elles représentent des bustes de jeunes beautés dans un cadre floral et végétal enchevetré du plus bel effet, dans le styl Mucha, Art Nouveau. A notre avis, cette série est l'exception et de plus, elle est rare. Elle enchante du premier coup d'oeil. Une autre série de portraits de jeunes beautés à coiffure trés stylisée Art Nouveau sur fond pourpre ou vert moiré, certaines gauffrées, embellissent un album. Dommage, ses artistes ne sont pas identifiés.Une série de six cartes "Darmstadt" représente des femmes à chevelures serpentines rouges rubis et porte la signature de Hans Christiansen, un artiste majeur du Jugend Styl. Du même artiste, la superbe série de six cartes couleurs, grandes femmes "PARIS". La série de six cartes vignettes en couleur de style Mucha de E.Döckere .Une autre série de 10 cartes en couleurs au grand tyle fin du XIX siécle, datant de 1899 porte le titre "JUGGENDSTELLEN POSTKARTE"

2) La série Simplissimus

C'est une série issue également du journal satirique berlinois "Simplissimus". Elle évoque la vie nocturne et l'ambiance éffrénée dans les cabarets berlinois: danse, musique, beuverie et plaisirs relationnels.On y voit des guirlandes mixtes de danseurs à visages masqués éclatants de joie, ou de troupe de danseuses imitant le "fresch cancan". Ces cartes sont déssinées , à la limite de la caricature et en couleurs.Les séries "Lustiger Blatter" et Meggendorfter Blatter" porte sur le genre comique allemand

3) La série Aktion

Cette série rarissime est pour ainsi dire la plus prestigieuse de la production allemande. Des artistes de renom mondial tels que Schmidt Rotluff, Egon Schiele,Feininger y participent, Excepté Schiele, on retrouvera les 2 autres dans l'oeuvre des célébres BAHAUS. La série Aktion est hélas très peu médiatisée et introuvable sur le marché.

4) La série Der Sturm

 Pour rendre hommage à ses collaborateurs cette revue a édité un série de portraits d'un certain nombre d'entre eux.Citons : Herwarth,Walde, Gleizes, Archipenko,Klee.Kokoschka et autres...Comme des précédentes, elle souffre d'invisibilté.

5) La série BAHAUS

Cette série comporte 20 cartes postales en couleurs datant de 1923. Elle est très rare et en raison de sa cotation vertigineuse, très peu de collectionneurs en possédent.C'est la plus préstigieuse de toutes les séries existantes et elle fait l'objet d'un combat de titans entre les plus grands marchands de cartes postales. Une série BAHAUS a atteint en 2010 la cote fabuleuse de 70.000 euros, chez Mark Weissenböck à Salzbourg et de nombreux cartophiles ignoraient jusqu'à son existence!

Pourquoi est-elle si chère vous demandez-vous ? Elle est chère en raison de deux critères fondamentaux : 1) On ne connaît que 20 séries, rareté quasi unique. 2) Les signataires sont les maîtres de l'instituion du BAHAUS : Kandinsky, Klee, Marcks, Feininger, Rotluf Schmidt etc. dont les oeuvres peintes se chiffrent par dizaines de millions d'euros chacune. Quelques mots sur le BAHAUS. C'est une école d'architecture moderne fondée en 1919 à Weimar par l'architecte Walter Gropius C'est une "Kunstgewerbschule" , c'est-à-dire une école d'art appliqué,une école intégrant les différents métiers utiles à l'architecture : design, décoration, tissage, travail du métal et du verre, du bois, etc. L'architecture classique était plus monolithique.Gropuis et Van der Hofe, furent les architectes d'une pléthore de gratte-ciels à New-York et à Chicago.

Origine des cartes du BAHAUS

En juillet 1923, l'école organisa "portes ouvertes " afin de familiariser la population de Weimar aux buts et aux maîtres de l'institution.A cette fin, elle commanda à ces derniers, une série de 20 affiches laissant place à l'imagination libre de chacun. Puis de ces affiches on imprima pour le grand public la série de 20 cartes postales reproduisant leurs illustrations. Le BAHAUS connut hélas une vie brève ( 1919-1933 ) en déménageant succéssivement à Dessau puis à Berlin.Parce que l'école était soupconnée d'infiltration de personnalités à sympathie communiste, le régime nazi mit fin à son existence. Goering, en fit un rapport dans lequel il écrivit "J'ai trouvé dans le Bahaus ,l'expression la plus parfaite d'un art dégénéré".

La liste des cartes postales du BAHAUS est numérotée et comprend :

1) Lyonnel Feininger , 2 ) Lyonnel Feininger, 3 ) Wassily Kandinsky, 4) Paul Klee, 5 ) P.Klee, 6 ) Gerhard Marcks 7) Laszlo Moholy-Nagy, 8 )Oskar Schlemmer, 9 ) Rudolf Baschant, 10 ) R.Baschant, 11 ) Herbert Bayer, 12 ) H.Bayer, 13 ) Paul Habere, 14 ) Dörte Helm, 15 ) Ludwig Hirschfeld Mack, 16) Paul Haberer, 17 ) Wolfgang Molnar 18 ) Kurt Schmidt 19 ) K.Schmidt, 20 ) Georg Telschter. Bienheureux celui qui mettra la main sur cette série !

La série du BAHAUS par le prestige de l'institution et celui des artistes de renom international qui l'ont dirigé,par sa cotation actuelle occupe une place considérable dans le thème "Cartes Illustrateurs". Il y a fort peu de chance qu'elle y soit surpassée.

L'ITALIE

L'excellent livre " Art Nouveau" la carte postale de G. Fanelli et E.Goldoni développe une large description de la carte postale italienne. Nous suivons son point de vue:"L'Italie occupe l'une des premières places parmi les pays oú la production et la consommation de cartes postales ont été les plus importantes". L'exposition internationlale de la carte postale" à Venise en 1899 ainsi qu'une succession d'autres nationales en Italie et en Europe vont servir de lanceurs à la production de cartes postales dans nombre de villes : Milan, Rome, Turin, Bologne,Livourne, Montagna,etc. Chacune de ces villes va fonder des clubs et des journaux élargissant les capacités de la collectionnite.A Milan est lancé le mensuel "La Cartolina Postale illustrata", ,"l'indicateur du Philocartiste" le Nouveau journal de Kartophilie et variété pour collectionneurs , et d'autres journaux à Turin, à Rome, Ces journaux éditaient dans le même temps des séries de cartes postales illustrées.Ces expositions et séries connurent un tel succés que l'éditeur Aldo Maggioni put affirmer "L'industrie de l'affiche et de la carte postale s'est développée de manière considérable"...., le public accourt en nombre et pour lesquelles il manifeste son intérêt".

Les séries de cartes illustrateurs italiennes couvrent également un champ aussi vaste que les précédentes mais moins dense chronologiquemet et avec un langage graphiique moins tranparent et moins explicite. L'expression d'un personnage et le charme de sa gesticulation sont plus prononcée que chez les français par exemple et plus gracieuse. Alors que la thématique principale chez les français et la mode et le style glamour, les illustrateurs italiens abondèrent dans un japonisme importé. En outre de nombreux illustrateurs sont d'origne étrangère et réalisent des graphiques qui trahissent leur origine.Les artistes Kienerk,A.Hohenstein,Dudovith, Trenkler, par ex. Des doubles nationalités aussi résident et s'y plaisent dans ce pays.Le pur italianisme est représenteé dans les cartes de Bottaro, Paoletti, Calderara,Zecchini, artiste investi tout entier dans le style sécession viennoise.

Les séries illustrateurs italiens sont peu étendues et se limitent au maximum à 10 cartes. Le chiffre 6 est le plus répandu. Les cartes du début du XX siècle sont chromolithographiées, certaines pour des raisons indiquées plus haut sont imprimées en Allemagne.

Citons les séries remarquables

1) La série I.Camelli : Sorriso, Dodio, Ira, Paura, Dolore, Qiete série sévére et poignante lithographiée

2) La série E.Bottaro : femmes avec lumières . tèrs beau symbolisme de style Art Nouveau, gros plans colorés de jeunes filles.

3) La série " Iris" de 3 cartes de G.Mataloniartini,

Dans les années 1918 ,on retrouve de pléthoriques séries sur la guerre et la propagande.Les artistes italiens excellèrent aussi dans les affiches "publicitaires" durant cette époque et jusqu'en 1940.

De peties séries ravissantes et délicatement ornées sur leur pourtour portent la marque de Meschini. Nani, Chiotri, zendrini, Corbella, Martini, Zaretti,etc animent avec succés les illustrations imprimées. La cotation des cartes italiennes ne grimpe pas aussi vite que les cinos , les viennoises et autres. A contrario des collectionneurs allemands, les italiens sont très attachés à leur production nationale.

L'AUTRICHE

L'autriche est comme on le sait le berceau de la carte postale mondiale . En effet, la première carte postale est viennoise : c'est la "Korrespondenz-Karte" inventée par Emmanuel Hermann et émise le 1er octobre 1869 . Elle connut un franc succés.Dans le domaine des séries de cartes illustrateurs ce pays fut un leader et un géant. Aussi bien qualitativement que quantitativement, l'Autriche mérite la médaille d'or parmi tous les pays ayant brillé dans ce domaine de graphisme glamour et mode féminine. A elle seule, la série "Wiener Werkstätte" ~ 1012 cartes superbement illustrées ne peut prendre place dans aucun album classique, fût-elle trouvable de surcroit ? Mystérieusement cette série demeura logtemps introuvalble et inconnue dans toute sa dimension jusqu'à peine la décénnie 2000-2010. Le marchand Markus Wiessenböck à Zalsbourg fut le seul à en dévoiler sa composition et la presque totlité de la série, et ce par un simple hasard ! Quoique cette série comporte encore quelques "trous" non encore élucidés.Paradoxalement, étant la série la plus rare et la plus chère, elle souffrit pendant plusieurs décennies d'une sous médiatisation ahurissante, incompréhensible. Aucun livre ni catalogue des décennies passées n'eut le privilége de la présenter, pas même en partie. Le marchand Weissenbock, imprime dans chacun de ses catalogues trimistriels, une diziane voire une vingtaine de ces cartes qu'il vend haut la main en dépit des taxes élevées qu'il charge..

En quoi cette série "Wiener Werkstätte" est-elle si importante ? Elle est importante pour au moins trois critéres : a) Les signataires sont parmi la crème des peintres illustrateurs de l'époque si célébre" Sécession".Excepté G.Klimt, peut-être trop absorbé par la fondation et la direction de l'école "Kunsgewerbschule" de Vienne, on trouve : Egon Schiele, Kokoschka, Koloman Moser, Jung, kalvach,G.Kalahammer, Hoppe, Krenek, Diveky, Jungcikel, Kohler, Likartz, etc.Un grand nombre sur 1012 cartes sont anonymes et non identifiables. Weissenböck a fait paraître le premier catalogue ontologique en avril 2002.C'est le seul qui nous présente la quasi totlité des cartes de cette série, avec leur cotation de l'année 2002.Pae xemple, Egon schiele cote 2500 Euros en moyenne. Kokoschka 500 Euros.Jung ~ 600euros. Likrtz ~ 150 Euros ,Kohler 100 Euros etc Attention ! Certaines cartes non signées valent ~ 400à 500 Euros.

En 1897, Gustave Klimt fonda le mouvement "Sécession" lui donnant comme but "la promotion de la peinture européenne". Le mensuel "Ver Sacrum" en fut son porte-parole.Mais hormis quelques volontaires comptés sur les doigs de la main, ni la fondation ni son journal ne connurent une longue vie. En 1903 déjà le journal cessa de paraître. Du mouvement Sécession, il resta la maison somptuse d'art construite et décorée par cet artiste , connue de nos jours sous le nom de "Urania " Une belle et blanche demeure avec sa sphère dorée sur le toit attire les touristes à Vienne.

Klimt fonda également la célébre école viennoise la "Kunstgewerbschule", d'ou sortiront les épreuves de la série mirifque "Wiener Werkstätte", et il en fut directeur pendant une dizaine d'anneés. Du reste son influence se ressent dans les oeuvres parsemant cette série. Son plus brillant éléve et disciple fut le jeune génie en peinture, Egon Schiele, dont le style est non seulement très personnel mais terriblement fascinant, exprimant parfois des cris moribonds. Ses tableaux sont des chefs-d'oeuvre , des merveilles et les musées d'aujourd'hui courrent à leur recherche.

Les séries Illustrateurs

1) La série Ver Sacrum

C'ette série fut initiée n 1898 par ce même journal et éditée par philipp et Kramer,maison spécialisée dans les cartes couleurs pendant cette période. On reconnaît sa marque au triangle de trois carés couleurs apposé au centre médian en bas de chaque carte.Elle comprend 12 belles cartes couleurs dominées par Kolomann Moser, peintre-architecte et ami proche de Klimt.

2) La série "Jubilaum Austellung" de 1898 reproduisant différentes vues couleurs de la maison "Urania" et autres théâtres viennois. Elle comprend une vingtaine de cartes. toute avec la mention " Jubilaüm Ausstellung Wien 1898".

3) La série "Postkarten". Série de trois belles cartes ocres vert et rouge.

 Raphaél Kirchner , peintre dessinateur affichiste autrichien fut sans conteste le plus prolixe des illustrateurs durant le premier quart du XX siécle.Sa virtuosité s'étend tous les genres glamour et l'érotisme raffiné de ses cartes lui attira de nombreux collectionneurs. Sa production fut pléthorique et malgré la beauté et le charme de ses cartes leur cote demeure peu variable. Ainsi leur proxilité joue contre elles. On peut aisément collecter 100 à 200 cartes de cet artiste. Celles à théme japonais sont plus rares et plus accomplies. D'autre part, leur éxotisme importé crée une certaine défiance et limite leur marge.

Plusieurs séries portent sa signature: la série "Soleil* de 6 cartes marron et or. La série "masques" de six cartes érotiques. La série "Um die Lebe* Six cartes ayant un coeur rouge inscrit dans un cercle. Des séries diverses de R.Kirchner sont incluses dans la série "Wiener Werkstätte" .

4) La série "Wiener Werkstätte".

La série "Wiener Werkstätte" est un joyau rare de la collection illustrateur. Cette série a une histoire intéressante à raconter. En effet, longtemps, pendant plus d'un siècle, un mystère plana sur cette série. Aucun marchand, écrivain cartophile, collectionneur, média, ne put connaître avec précision la composition de cette série fleuve. Pourtant, dans cet environnement allémanique, la précision, l'ordre, furent des qualités autrichiennes, mais personne dans ce pays, ne pût trouver trace de ce monument cartophile au complet.Personne ne put dire "Césame, ouvre-toi" et connaître la réponse. Cela ressemble à un trésor caché dans un jardin, et que son propriétaire mourut sans avoir divulgué sa cachette.Je pensais que naturellement, Vienne donnera un jour ou l'autre la réponse, que Vienne criera un jour Eureka, j'ai trouvé ! Mais le hasard, à moins que ce soit un coup fourré d'un diablotin artophile en a décidé autrement. Le marchand salzbourgeois, Markus Weissenböck, fut l'un des rares à publier tri annuellement des catalogues ò combien somptueux, sur des cartes illustrateurs; d'Autriche, d'Allemagne, de France, d'Italie etc et contenant de cas en cas quelques cartes WW, une dizaine tout au plus ! Puis un jour, le 27 avril 2002, il sortit un catalogue toujours somptueux sur cette série et dans lequel il lista méthodiquement les numéros et les images. Voici ce qu'il écrivit " This book .... contains the most significant collection ever auctioned " Ce livre " ...contient la plus importante collection jamais vendue aux enchères " Mais oh stupeur ! En le parcourant, j' y constatai des "trous", des dizaines voire plus d'une centaine de cartes manquantes, peut-être plus ! Weissenböck ne peut pas lui-même expliquer cet espace blanc ! Il faut donc attendre un autre coup de pouce du hasard ! Il faut rappeler que la série commence par le numéro 1 et se termine par le numéro 1011 ! La série comporte donc 1011 cartes ! Mais non toutes identifiées ! C'est une affaire Hitckockienne . Mais, on y avance, à petits pas....Nous espèrons qu'un jour, on complètera cette série une fois pour toute !

Cette série fleuve est prestigieuse en raison de la présence parmi ses signataires d'une pléiade de grands artistes, citons quelques uns : Egon Schiele, Kokoschka, Krenek, Diveky, Jung, Jungikel, Koloman Moser,Kalvach,Mela Kohler, Maria Likarz, etc.Les cartes du premier "grandes femmes", côtent en moyenne 3000 Euros ! Kokoschka en moyenne 500 Euros. Kalvach ~ 400 Euros, Likarz ~ 200 Euros etc. On n'insitera pas sur la splendeur de ces cartes! A noter que le recto de ces cartes peut revétir un sigle différend. Le sigle WW inscrit dans un double carré , avec un pourtour vert, ce même sigle existe en bleu . Enfin, certains recto portent un tampon carré WW.

L'Espagne, la Belgique, la Russie, la Suéde, la Grande bretagne, les Etats--Unis, produisirent quelques séries dignes de considération, mais pour des raisons de manque de place, on ne les citera pas ici. La Chine, le Japon et d'autres pays d'Asie en fournirent de belles cartes illustrateurs.Nous avons reproduit une série de la Chine afin d'en initier le public non averti.

 

 

 

4.0 Une brève histoire de la carte postale suisse

La Suisse, petit pays alpin, niché au coeur de l'Europe, est cerné par quatre pays beaucoup plus grands que lui, l'Allemagne, la France, l'Italie, et l'Autriche ( plus le Lichtenschtein ) . Bien qu'ancré dans ses coutumes et traditions ancestrales, il a  toujours les yeux ouverts sur le progrés ou toute nouveauté initiant un progrés technique , économique, ou structurel, et tourné vers le futur. D'ailleurs le mot "Neu" est très cité dans les prospectus des grands magasins de vente établis dans le pays. En un mot, il sait faire le bon choix avec une certaine lenteur et mûre réfléxion, au bon endroit et au bon moment en privilégiant toujours le bon  chemin. Ses citoyens sont disciplinés et appliqués , pacifistes de surcroît. Certains disent que la vie en Suisse est réglée au compas .L'écrivain Stéphan Zweig ,lui,la qualifie de "havre de paix " .Les suisses de l'arrière pays ont l'esprit plus pragmatique que théorique.

Gouverné par un collége composé de sept conseillers fédéraux, "sept sages" il présente un visage uni dans la diversité.Le pays a une recette secrète:" l'art du compromis". Il n'est de nations qui tournent le regard sur lui avec envie et admiration. Il ne souffre pas de tensions intercommunautaires ni linguistiques à l'instar de la Belgique par exemple.Ses services adminstratifs sont bien huilés et fonctionnent à la satisfaction du citoyen. Bismark disait " donnez-moi de bons fonctionnaires et je vous ferai un bon état " Personne ne fustige la "bureaucratie" suisse. Et rare qu'un citoyen s'en prenne oralement ou par écrit à un conseiller fédéral. Ce dernier est élu pour un mandat de quatre ans renouvelable 3 fois au maximun, et ne rend compte de ses affaires qu'au parlement national. Son ministère est servi par des directeurs départementaux discrets, loyaux et efficaces, travaillant dans un quasi anonymat. Rares ceux qui connaissent leur identité. La qualité de vie en Suisse est résumée par cette définition de Ramuz " Il y régne une grande quiétude", car les désordres sociaux sont aussi rares que les Edelweis en basse prairie.

La Suisse créa son timbre en 1843, suivant de trois ans la Grande Bretagne. Ces sont les "timbres cantonaux", Zurich d'abord ensuite Genève. Ils sont appréciés par les collectionneurs de toute nationalité et ont une cote élevée en raison de leur faible tirage et de leur qualité. La Suisse a imprimé de nombreux documents préphilatéliques que les amateurs s'arrachent aujourd'hui. Genève décroche la palme des cartons pré cartophiliques, on en connaît datant de l'année 1822 et de 1841 par exemple,qui ont circulé "à dècouvert", Ces récipicés de transaction commerciale, billets de voyage par diligence, facture d'abonnement à des journaux ,convocation de magistrat, souvent oblitérés par un office postal des années 1840-60 sont pléthoriques. A ce titre, Genève pourrait prètendre au fauteuil de "berceau mondial de la carte postale", car ses cartes pionnières dont certaines sont montrées ici le prouvent. D'autres, datant des années 1860-70 et ils sont nombreux, préfigurèrent le modéle qui sera choisi plus tard comme "Carte-correspondance".

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Carte_precurseur_geneve_1840

Dés que la création de la "Correspondenz-Karte" viennoise fut annoncée, des voix se sont levées en Suisse pour réclamer rapidement l'actualisation postale. Ainsi le 14 janvier 1870, Une lettre au tire de " Brief der neuenburgischen Staatrates an den Bundesrat" expédiée à la Poste de Neuchâtel est immédiatement acheminée au Conseil fédéral en ces termes " Trés honorés Messieurs,Fidéles et chers Confédérés "

"A la demande de la société industrielle et commerciale de Neuchâtel, nous avons l'honneur de vous transmettre ci joint copie d'une lettre qu'elle nous a adressée à la date du 5 courant, relativement à l'introduction en Suisse d'un nouveau système de correspondance au moyen de cartes, à l'instar de celui qui vient d'être mis en pratique dans l'Empire d'Autriche. Comme la société requérante, nous estimons que l'innovation dont il s'agit répond à un besoin et qu'il serait à désirer qu'elle fut introduite aussitôt que possible.

A notre avis, et attendu que le système proposé prendrait principalement dans les cantons industriels une extension considérable,il n'en résulterait aucune perte au point de vue des recettes de l'administration des Postes, et nous ne pouvons que vous recommander l'examen de la question ".

A la suite de cette requête, les responsables de l'administration des Postes reçurent un avis favorable .Un projet dit "Korrespondenz-Karte" imitant le modéle autrichien fut présenté.Le spécimen comportait un texte dans chacune des langues du pays, allemand, français et italien.Le français était nommé "Carte de correspondance".Le format du spécimen est 122x 85mm. On voit que la copie suit strictement l'original. Ce modéle figure dans le catalogue des entiers postaux "gansacher schweiz" de Zunmstein 1975. Le générique est de couleur rosatre, un timbre ovoïde préimprimé de 5 cents est placé en haut à gauche.

Le 1er octobre 1870, encore un strict alignement, la 1ere "Carte correspondance " fut mise en circulationen Suisse. La première émission compta 2 millions de cartes qui furent happées immédiatement. Est-ce par un heureux hasard que que la Grande Bretagne édita à la même date, le 1er octobre 1870 sa 1ere *Post Card" tarifée d'un "Half Penny".

Le décret fédétal du 23 juillet 1870 scella définitivement l'avenir de la "Carte correspondance" suisse.

Le tableau suivant donne un aperçu de la production nationale suisse de carte-correspondance dés 1870

1870 2.500,000

1875 7.700-000

1880 10.700.000

1885 13.600.000

1890 19.200.000

1895 27.800.000

1900 48.200.000

En 1874, le format de la "Carte correspondance" passe à 140x90mm et la taxe à 10cts. En 1885 au Congrès Postal de Lisbonne, le format est fixé de manière uniforme à 140x90mm maximum pour tous les pays.

En Suisse alémanique les amateurs ont la prédilection pour les cartes "Gruss Aus", ainsi que pour les objets touchant l'activité postale et l'aviation.Les plus grands clubs de collectionneurs se concentrent à Zurich, capitale économique et financière de la Suisse. La majorité des suisses sont d'avantage tournés vers la philatélie que la cartophilie.

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Spécimen de 1870

De grandes maisons prestigieuses de vente aux enchères philatéliques sont actives dans les métropoles allémaniques, Zurich, Bâle et Berne.

En Romandie, la préférence va à la collection régionale et bien plus à la communale. Les petites communes ont beaucoup plus de fans que les grandes. Dans les grands cantons ruraux comme le Canton de Vaud, les scénes bucoliques, paysannes, patrimoniales l'emportent. Les cartes à sujet politique ou militaire attirent peu de monde.

Les milieux journalistiques et littéraires sont adeptes de la cartophilie. En particulier les journaux dits "people" lui ouvrent leurs colonnes. On trouve aussi des médecins, des avocats, des petits patrons parmi ses adorateurs. La Suisse n'a pas connu les dévastations de villes et villages durant la deuxième guerre, c'est pourquoi un grand stock de cartes est entre les mains de marchands. De nombreuses cartes "litho" datent d'avant le siécle. L'Exposition Nationale Suisse à Genève en 1896 en a édité de très belles, une diziane officielle au moins. Dans les années 1910 - 20 on trouve de nombreuses cartes de : fête de musique, f'ête des fleurs, fêtes de gymanstique, fête de tirs d'officiers et autres. L'aviation a connu son heure de gloire vers 1910 à Genève. Des cartes sur les ballons gonflables civils, sportifs ou militaires sont pléthore. Les premiers essais de vol pionnier sont en demande régulière. Les frères Armand et Henri Dufaux pilotes, F.Durafour,le pilote Tardieu, Oskar Bider,Chavez,Kopke, les meetings et rallyes aériens sont recherchés.Les cartes de collection en état délabré ou à défaut flagrant sont dénigrées. En Suisse, on aime le "fleur de coin ". La confiance entre échangistes demeure un point d'honneur et gare à la triche !. Un bémol cependant, on n'a pas de carte d'illustrateur au nom prestigieux . Par contre les cartes de Mucha , Art Nouveau , Art Déco, impressionnent et sont prisées.

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1ere Carte -correspondance suisse 1870

 

0.5 DEUX PERSONNALITES CLEFS

 
3.1 PORTRAIT DE DEUX PERSONNALITES CLEFS  
1 ) EMMANUEL HERMANN  ( 1839-1902 )  
2)  GERARD NEUDIN  ( 1942-2001)  

1) Emmanuel Hermann ( 1839-1902 )
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La carte postale ancienne et son histoire n’auraient jamais vu le jour ni purent se développer sous leur forme actuelle sans l’immense apport de deux personnalités clefs qui ont consacré leurs forces et leur intelligence créatrice à cette héroïne postale. Le premier, Emmanuel Hermann ( 1839-1902 ) , est autrichien et mérite la place d'honneur au regard de sa formidable invention. Sous son impulsion , une aventure humaine passionnante est née en cette fin du XIX siècle. Il lui assura sa naissance publique, ses premiers pas, son envolée, et sa mondialisation. C’est son héros légendaire,  pionnier et inventeur.
Emmanuel Hermann étudia l'économie sociale et politique dans une haute école viennoise. Sanctionné par un doctorat d'Etat, il devint Dr Hermann et professeur dans cette même école. Joignant lus tard la politique, il est élu député dans le parlement impérial viennois, et chargé de dossiers liés à la réforme postale. Réforme qui fut décidée lors du Congrès postal prusso-autrichien de 1865, lequel forum prépara le terrain à la création de l’Union Postale Universelle en 1878. Infatigable au labeur, il est déterminé à faire avancer notoirement ses dossiers. Il est le premier à capter l'essentiel de l’idée fondamentale et futuriste née dans le cerveau d'Heinrich Von Stéphan son homologue prussien. En effet, ce dernier, lors du congrès postal précédent, proposa aux membres présents, la création d’une « Offene Postblatt » sorte de « feuille ouverte » pouvant voyager à découvert et bénéficiant d’un tarif réduit. "Rien n’est plus simple" a-t-il à son entourage. Et cela répond au vœu tant espéré du grand public. Vœu prétérité par le coût élevé de la correspondance fermée et qui était dû par le destinataire dans le régime bourgeois ancien. « C’est pas cher et c’est simple » martelait-il. Il faut rappeler que la pauvreté en Europe touchait les paysans et les ouvriers agricoles et industriels qui formaient un tiers de la population totale.
D’autre part, l’analphabétisme dans le continent pouvait atteindre 30à 40 % de la population rurale et ouvrière. Les frais des envois postaux souvent convoyés par des concessionnaires privés représentaient une charge supplémentaire pour les plus démunis. Emmanuel Hermann avait pris en compte dans sa réforme cette injustice postale et s’y attela à lui trouver une réponse sociale. L’idée de Von Stéphan n’avait pas convaincu sur le champ les délégués au congrès et on vota contre. Elle fut alors abandonnée et jetée dans la trappe des archives au silence éternel. En 1869, Emmanuel Hermann la ressortit et l’adapta sous la forme d’une « Correspondenz-Karte », carton simple voyageant à découvert et à la moitié du coût de la lettre, de dimensions 122x85mm. On l’affranchissait avec un ersatz de timbre. Un pseudo timbre matricé dans le carton même. Et le tour est joué ! Avant, on n'autorisait que des cartes expédiées sous enveloppe.
Originairement, E.Hermann proposa d'abord le terme "Poskarte", mais curieusement il fut refusé. Le terme « Correspondenz-Karte «lui fut substitué. Dés lors le parlement autrichien le plébiscite, et la première carte fut émise le 1er octobre 1869, date historique à retenir. En deux mois environs, 2.930.000 cartes furent écoulées. Ainsi le XIX siècle donna naissance à un hobby qui fera courir des millions de fans et générer une manne pour la poste. A cela s’ajoute la flamme ardente de la collectionnite qui donnera tant de plaisirs aux fans du monde entier… Vienne est fière de son illustre inventeur et fête périodiquement des « Jubilaüm » en son souvenir. Au Musée de la Poste et du Télégraphe à Vienne, on peut voir un exemplaire de la "Correspondenz-Karte de même qu'un buste en bronze grandeur nature de E.Hermann. Un parc de la ville porte son nom.
Cette première carte officielle est communément appelée par les francophones "entier postal" ou "postal stationnery" par les anglophones.
2) GERARD NEUDIN ( 1942-2001 )
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Gérard Neudin, est né en 1942. C'est un enfant doué qui aurait été destiné normalement à une carrière scientifique ou académique.il n’en fut pas très loin. A vingt et un ans, il entra à l’X, l’école prestigieuse de l’élite française et en sortit avec un diplôme d’ingénieur. Pendant quelques années il mena sans tambour battant, sa vie professionnelle. Joëlle sa sœur qui est non moins douée, termine sa haute formation en philosophie et en lettres, et obtint le titre d'agrégée és-lettres. Capacité qu’elle va mettre au service de son frère Gérard jusqu’à son ultime jour. Bien que sur le tard, Gérard fut attiré par les études postales et la passion de la collection cartophile. Il fit la connaissance de grands marchands cartophiles parisiens qui aussitôt lui dévoilèrent leurs trésors d’Ali-Baba. Son esprit rationnel s’est mit vite en marche et il fut touché par la grâce du « virus cartophilis ».
En Europe et en France en particulier les « trente glorieuses » , dite période prospère, accélérèrent un réveil ludique de la classe moyenne française dont certains désirs se cristallisèrent dans la douce folie des cartes postales. Encouragé par ses « mentors », il édita fin 1974, un opuscule sur la carte postale au titre de « Premier catalogue Français des Cartes Postales de Collection », ouvrage cosigné par sa sœur Joëlle et constitué de quelques dizaines de feuillets. Un départ pour la conception infatigable d'une encyclopérdie de la carte postale qui durera 27 ans. Un 2e catalogue paru en 1976, format in folio, 80 pages, sous le titre « Tout sur les CARTES POSTALES DE COLLECTION « toujours cosigné, et dans lequel il annonce « un système de numérotation et de cotation » qui lui est propre et protégé par les droits d’auteur. D’emblée le public l’adopte. Un scientifique s’incarne donc dans un domaine empirique mais exige pour lui-même une approche méthodique et rationnelle du sujet qu’il développe . Son « Esprit Cartésien »ne le quitte pas. Dans son catalogue 1976, il compte sur le lecteur « pour qu’il s’accoutume à la gymnastique intellectuelle qu’il ( son classement ) exige « Les catalogues vont bon train et devinrent des annuaires NEUDIN en s'étoffant de plus en plus . Ceux des années 2000 avoisinaient déjà 500 pages ! Ses catalogues successifs s'impriment au rythme annuel jusqu’à 2001 année de sa mort. Il en publia en tout 27 catalogues qui sont devenus si communs et si familiers qu’on les désignait par le raccourci « NEUDIN »comme on appelle un vieux copain. Et peu à peu on les feuilletait comme le « Larousse » du cartophile. Ils connurent un succés éditorial inégalé. Difficile d'imaginer un marchand ou un cartophile chevronné sans la compagnie de ce "vade macum".
Gérard Neudin, était un esprit bouillonnant d’idées nouvelles et toujours à la recherche d’une rationalisation maximale de ses sujets. Il créa autour de lui « le club Neudin », marqué par une série de cartes artistiques limitée à 1000 ex. Puis il améliora constamment sa classification des cartes postales. Aujourd’hui , elle fait autorité non seulement en France, mais encore au delà des frontières européennes. Il mit en place une méthode pour constituer et classer les cartes postales. Il suivait régulièrement de très près les cotations obtenues lors de différentes ventes et les transcrivaient dans ses Argus. Il était membre de l’Académie des Etudes Postales et lié d’une forte amitié avec les grands marchands parisiens. Ceux-ci lui fournissaient des images, justifiant ses choix. Pour beaucoup de cartophiles, il est un héros moderne de la carte postale. Certains l'ont nommé "le père de la Bible cartophile moderne ".
Il travailla intensément à la promotion des cartes de créateurs contemporains. Ses catalogues fourmillent de noms de séries nouvelles. Des admirateurs ont édité au moins une dizaine de cartes postales évoquant son œuvre. Malgré sa terrible maladie, il ne se laissa pas découragé, tel un Haendel, et poursuivit ses recherches pour ses opus en création. Mais le mal le terrassa en avril 2001. En travaillant à son tome 2002 il écrivit » « Chers amis cartophiles, voici votre 27e répertoire dont je crains fort que ce soit le dernier «. Ainsi s'est éteint le plus génial défricheur de la carte postale, mais surtout un polytechnicien atypique ayant voué son âme d’artiste à notre "estampe du pauvre".

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1.0 HISTOIRE GENERALE DE LA CARTE POSTALE

Préface  

L'ouvrage que nous proposons raconte une Histoire Générale de la Carte postale. Celle-ci est le fruit de notre passion et de nos recherches quasi inninterrompues depuis près d'une décade. Pourquoi tant de temps pour ce modeste "opus magnum" ? La patience, la soif de connaissance, la traque de documents originaux et rares expliquent cette démarche lente mais   ambitieuse. Pourtant nombre d'ouvrages ambitionnèrent avant nous la réalisation de cette  tâche, mais force est de constater que leur contenu n'aborde le sujet que sous forme d'une compilation quantitative , montrant des images en vrac sans éclairer le lecteur  sur l'essence ,l'origine , et le cheminement  historique de ce "trésor de rien du tout" cher à Paul Eluard. Il fallut patienter afin d'être en possession de preuves irréfutables- celles-ci ne naissent pas en jour- et mettre fin à des débats qui durèrent et durent encore sur l'orgine et les créateurs de la carte postale. Cela ne veut pas dire que le dossier est définitevement clos. En effet, des pièces à conviction peuvent se laisser découvrir du jour au lendemain .C'est dans la nature de l'art et de l'archéologie par exemple.

En effet, récemment, en 2011, on a découvert une carte à jouer ( quatre coeurs)  55x 85 mm,  annotée par J.ean-Jacques Rousseau datant de 1776-78 servant de correspondance à ce dernier et qui a dormi pendant plus de trois cents ans dans les papiers d'un descendant d'un éditeur de cette époque ayant eu des liens avec l'auteur des "Rêveries solitaires".Ce document, comme on le verra plus loin appartient aux cartes de correspondance pionnères de la carte postale.Cet  élément inédit fut exposé à la Bibliothèque de Genève ( Parc des Bastions ) à l'occasion des trois cents ans de la naissance de jean-Jacques Rousseau, "citoyen de Genève".

Aussi croyons.nous, les "princes de la curiosité "ainsi que les nomment Maurice Rheims de l'académie française, ont un droit légitime à connaître l'histoire de l'objet hobby qui les passionnent tant. Un objet suceptible d'occuper une existence entière.!

Dans le passé,  académiciens, écrivains, poètes, peintres, généraux, ambassadeurs, journalistes,ont montré leur attachement à ce carton de communcation si populaire. De nos jours, François Mitterand ex président dela V République française y montra un vif intérêt. Ecrivain émérite, il envoyait régulièrement à l'un de ses ministres une carte postale racontant son périple, La femme de ce ministre montra à la télévision l'album que lui a laissé.son mari.

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Une certaine histoire de la carte postale qui a marqué et marque encore l'esprit des cartophiles dans le monde s'est solidement constituée telle une norme , un dogme, une certitude indiscutable. C'est sur ce point que voulons intervenir. En effet,vers 1980, alors que l'histoire n'était pas la préoccupation majeure des premiers marchands et chineurs nous avons mis la main sur des pièces , cartons de correspondance, datés, certifiés, faisant remonter l'apparition et la pratique de cartons de correspondance à une période encore plus reculée et plus anticipative que la carte d'Emmanuel Hermann, du 1er octobre 1869, considéràe à ce jour comme étant la première carte officelle de correspondance dans le monde. 

La question : qui est l'inventeur de la carte postale devient ainsi plus pertinente,plus interrogeante .Quel est le pays qui lui a donné naissance, et sous quelle forme ?  Ces questions légitimes interpellent  les "princes de la curiosité" comme les nommait  Maurice Rheims de l'Académie Française.

Avant que la carte postale n'obtienne ses lettres de noblesse,  ne devienne symbole de témoin hisotrique du patrimoine national pour chauque pays, qu'elle soit convoitée par les musées, elle n'était plus qu'un modeste carton servant strictement à la correspondance et à elle seule. C'est ce que montre le plus ancien document que nous lui connaissons, celui-ci etant d'origne genevoise et datant de 1841 , tampon rouge à l'appui.Ce dernier en notre possession ainsi que d'autres précurseurs reconstruisent le moulin de son histoire.

Chronologiquement donc, les dates s'en trouvent de ce fait bouscoulées. Un autre regard est désormais sollicité.

 

entr la  cartophilie dans une phase active et turbulente. Sa réhabilitation est consacrée,  sa renaissance établie. Ainsi les  anticomanes découvrent à leur insu    un hobby nouveau méritant  intérêt et attention. Ce n'est plus un anonyme hobby et un loisir secondaire  sans lendemain. Désormais, collectionner les cartes postales offre un double plaisir : se trouver face à un choix illimité et découvrir sans cesse des sujets insoupçonnés, à caractère culturel privilégié. De plus, notre petite estampe posséde une force magnétique irrésisitble, et constante, faisant craquer le cartophile le plus indécis..Elle ne lasse jamais .Elle possèse des qualités rarissimes. Tenir une une carte postale ancienne dans ses mains et la regarder, c'est à la fois lire une histoire , décourir une scène de vie, proche ou lointaine, heureuse ou triste, drôle ou sérieuse. sentir le poids des contingences inséparables de la condition humaine.Certains peuvent y découvrir un pan de leur histoire propre , léguée par leur aieux. Les cartes régionalistes attirent le plus souvent par cet aspect historico-social..

De plus, elle fut considérée comme une soeur pauvre et mineure du timbre postal au regard de la haute philatélie. D'ailleurs longtemps aussi, elle fut injustement dédaignée  snobée ,et parfois jugée indigne par les "pontifs maximus" de la philatélie. Mais ne leur en déplaise, depuis cent quarante ans, elle ne cesse  d'aller de succés en succés dans le hobby collectioniste , de tracer de nouveaux chemins, de se faire une palce honorable parmi les jeunes passions . Que trouvera-t-on à redire lorsqu' on découvrire la prestigieuse série de 20 cartes du " Bahaus" qui atteignit la cote de 70.000 Euros dans une vente à Salzbourg en 2009 ou la série de 1.011 cartes de "Wiener Werkstäte" à la cote inimaginable, s'il en fût une ! Ces séries donnent le vertige à qui désire les acquérir ? Dés lors,  plus personne ne pourra contester sa force et son poids. On peut même redire  que le monde court après elle plutôt qu'elle ne court après lui.

Qu'est-ce qu'une carte postale ? Quelle est son origine? Quels sont ses protagonistes et ses créateurs?. D'ou vient son attirance et sa passion ? Quels est son avenir ? Voilà les questions fondamentales auxquelles cette histoire répond. Ses arguments et ses conseils sont objectifs et visent principalement à éclairer le lecteur sur la nature profonde et réelle de sa personnalité , son attirance et son succés. Pour parfaire sa curiosité et augmenter le plaisir d'accroître sa collection, tout cartophile se doit de connaître les sources et les arcanes de son hobby afin de goûter pleinement les joies qui en découlent. Car collectionner c'est conférer à une muse inspiratrice la force d'enchanter en permanence ses choix et ses découvertes. Cependant, cet enchantement demeure  imparfait sans le plaisir narratif et culturel de son aventure.

0.2 Introduction

Ce site a été créé en vue de fournir des informations utiles et claires  sur la collection de cartes postales (cartophilie) anciennes et modernes. L'auteur outre, qu'il est propriétaire d'une notable collection, fut un voyageur chercheur fréquentant durant de nombreuses années l'arène internationale de ce hobby. Il s'allia à des associations, clubs, bourses, sans cesser de fouiner dans les marchés et foires. Ainsi formé, il eut pour tâche la rédaction de  nombreux articles thèmatiques dans le journal trimestriel "Cart'Info "de la société SRC ,Société Romande de Cartophilie, basée à Pully / VD en Suisse,entre 2003 et 2011. Il donna ou supervisa des conférences sur des thèmes divers. En tant que vice-président de cette même société, il n'eut de cesse de développer un programme de conférences données par des invités illustres. Ses écrits furent compilés dans un volume de plus de 120 pages intitulé " Histoire de la Carte Postale". IUn article a été publié notamment dans le magazine parisien CPM. Ses nombreux voyages : France, Angleterre, Allemagne, Italie, Tchéquie, Etats-Unis, Urss. Chine etc. lui ont permis  de mieux connaître les forces des champs de collections nationales et internationales. Les désidératas des fans cartophiles. Au lecteur, il  propose un opus nouveau solidement documenté et susceptible de stimuler l'intérêt de chacun . L'Opus  est clairement compréhensible  tant aux néophytes qu' aux fins limiers. Notre souhait est qu'un tel ouvrage parvienne à stimuler une curiosité et une synergie entre  différentes catégories de collectionneurs.

Mais qu'est-ce qu' un collectionneur ? L'immortel Maurice Rheims, grand spécialiste des collections d'objets antiques a dit : "le collectionneur est un prince de la curiosité " Alors , et c'est bien là notre but, nourrir cette  curiosité et peut-être la boostée. La carte postale comme objet de collection  surprend toujours, quand bien même viverions-nous cent ans ! Chacun sait que cette dernière est courtisée aujourd'hui plus que jamais, ses afficionados se comptent par millions. . Le "petit trésor de rien du tout "nommé ainsi par Paul Eluard ,lui même un grand cartophile, croît  et s'étend  dans toutes les directions .Les temps changent , aime-t-on entendre.  Assurément , la carte postale n'est plus " l'estampe du pauvre " !

Bienvenue aux cartophiles

Que_le_diable_emporte

 

Burt HANN

 

 

Genève

E.mail : hannburt@sunrise.ch

 

Bienvenue aux cartophiles
Burt HANN
Genève

2.0 Classification et périodes

  1. Pourquoi une classification est-elle nécéssaire ? Nous répondons naturellement : "L'esprit Cartésien" l'exige et c'est logique. En effet, dans un domaine vaste et variè oú la production se chiffre par centaines de millions d'unités et plusieurs dizaines de thèmes , plusieurs périodes de temps, sans tenir compte des cas inclassables et d'autres de toute dernière nouveauté, il est impensable de ne pas mettre de l'ordre dans cet ensemble parfois chaotique et déroutant. Une classification est une méthode d'ordre et de simplification permettant de faciliter la compréhension d'un domaine à la fois au niveau de ses composants élémentaires et de son ensemble dans sa totalité. Alors, aussi bien les marchands que les amateurs ou de simples curieux, éprouvent le besoin impérieux de voir clair et de se servir de repères dans des milliers de cartes postales différenciées. Un dicton populaire dit bien " l'ordre ne sert pas seulement à gagner du temps mais surtout à le mieux utiliser" .Donc, tout est plus évident et plus clair sous la lumière d' une classification. Et comptant sur la vieille expérience, toute classification comprend en son sein : une division, une chronologie, un regroupement de choses semblables, un descriptif aussi bien particulier que général servant de guide intelligent à la collection.Ceci bien entendu doit repondre aux besoins du plus grand nombre. Bien sûr il est inévitable de contester tel ou tel choix, telle ou telle ligne directrice, mais la logique et notre "Esprit Cartésien " évoqué plus haut établissent des priorités qui sont génralement admises par le plus grand nombre. Et la classification n'est pas seulement une série de recommantdations théoriques , mais repose sur l' éxpérience et la pratique qui prédominent in fine.

La classification que nous proposons est celle qui fait unanimité dans l'univers cartophile et qui est généralement adoptée.

Nous proposons 4 Périodes.

1.Avant 1900

2.1900-1920

3.1920-1970

4.1970 et >

La période avant 1900

On pourrait qualifier cette période de zone des pionniers et des prècurseurs , constatant qu' un certain flou quant à la forme et au principe exista. Les Congrès postaux de 1874, et surtout celui de 1878 vont y mettre un peu d'ordre et l'appellation "Carte postale" va s'affirmer progressivement et sans hâte. La question qui taraude souvent les amateurs est l'apparition de l'illustration dans la carte postale, quand et comment? .Dans la littérature cartophile courante, chacun y va de son interprétation. Mais nous pouvons affirmer que le pays qui innova magistralement pendant cette période et y a apporté une grande contribution dans l'illustration massive de ses cartes est l'Allemagne. En effet, plusieurs cartes illustrées qu'on appelle type "nuage" circulèrent dés les années 1876-1880.Ce sont des piéces lithographiées au ton gris, de type gravure ancienne. Des vues de châteaux prussiens souvent. Dans la même veine, l'Autriche y a apporté sa propre contribution . D'une manière générale les cartes à thème touristique prédominaient. Ce mouvement va se poursuivre des deux cotés pendant les années 1880 avec la création nouvelle des célébres "Gruss Aus" cartes chromolithographiées, et que la Suisse va aussi imprimer. Les cartes en couleur restèrent l'apanage de ces trois pays juqu'en 1900. Les Etats-Unis, diffusèrent également pendant cette période des cartes coloriées. La série de l'Exposition Internationale de Columbia de 1891 en est une. Paris édita de superbes séries en couleur lors de l'exposition universelle de 1900. Comme on l'a évoqué dans un autre chapitre, l'Allemagne occupait le peloton de tête en raison de la modernisation entière de son équipement en matière d'imprimerie.Dans ces trois pays, on retrouve de férus amateurs de cartes "Grus Aus", lesquelles firent depuis belle lurette, un bon cotationnel spectaculaire .

Les séries "illustrateurs "mérite un volume à part...

Nous insistons donc sur le fait que que ce thème non seulement domine cette période mais aussi domine toute collection cartophile digne de ce nom. C'est aux Etats-Unis d'Amérique que l'on trouve le plus grand nombre de fans passionnés. Il faut encore rappeler qu'une série BAHAUS complète ( 20 cartes couleurs illustrées ) s'est vendue récemment chez le grand "auctionner" salzbourgeois Weissenbock à 70.000 euros ( sans les taxes ! ). Une transcation qui donne du vertige !

En deuxième position d'importance, notamment en France, on touve les cartes sur les crimes , procés et jugements , scandales politiques , qui ont fait florès pendant cette période. Le livre "l'âge d'or de la Carte Postale " d'Ado Kyrou édité en 1966 chez Balland en cite un grand nombre. L'avénement de la 1ère guerre mondiale mettra fin à cette euphorie cartophile.

3.La période 1920-1970

Cette période mitoyenne nous fait entrer dans une phase cartophile qu'on pourrait appeler celle des cartes "semi-modernes", tant le support bristol et la prédominance photographique y apposeront leur empreinte technique . Apport technique qui donnera lieu à des tirages quantitatifs exorbitants sans trop se soucier de l'esthétique propre de la carte elle-même ,sinon dans un but strictement commercial. Période ou la culture de masse dominante est lle théâtre et le cinéma. D'autre part, les éditeurs d'art pictural diffusèrent une pléthore de cartes postales reprosduisant des oeuvres de peintres impressionistes, abstraits et de tendances diverses , créant une inondation du marché. Ces cartes n'attirèrent pas grand monde, et à ce jour elles se vendent mal dans les bourses et marchés cartophiles. La deuxième guerre mondiale 1940-45 provoquera une césure et plongera le hobby cartophile dans une longue léthargie. Comme toujours la guerre laisse peu de place aux loisirs populaires simples et libres.

Une dizaine d'années après la guerre, ,peu à peu la détente sociale revient et les affaires reprennent de plus belle. Le gouvernement français institue les "congés payés"pour les ouvriers et les employés, Cette prérogative sociale va lancer sur les les routes des centaines de milliers de familles vacancières. L'esprit carte postale refleurit, et la production de cartes postales revit une nouvelle courbe ascendante. Toutefois, la qualité esthétique demeure médiocre, et la collecte des cartes de cette période est pauvre. Il faut juste signaler les années 1930 ou" l'Art Déco " succéda à "l'Art Nouveau" faisait ravage au sein de la mode parisienne. Ce court intervalle de temps, vit apparaitre un style de cartes glacées aux motifs "rencontres amoureuses et "rendez-vous galants" .Ces cartes brillantes sont rehaussées de couleur à la main et représentent un couple naïvement amoureux dans des poses galantes et suppliantes. Cette parenthèse ne manque pas d'un certain charme et marque d'une empreinte forte une certaine mode ! Enfin, 1970 est le fin des "trente glorieuses ", période pendant laquelle,l'Europe retrouve la joie de vivre et sa prospérité connut une croissance continue.

La période 1960-2000

La collection des cartes anciennes connaît un certain tassement, de nouveaux adeptes et une cliente plus jeune fréquente les bourses et certains sans tourner le dos totalement aux vieilles habitudes, aspirent à un vent nouveau, La mode en vogue stimule au changement et au renouveau.La pression médiatique, notamment de la radio et de la télévision incite les éditeurs à un graphisme et à un style qui épouse son époque.La cotation de cartes rares type "petits métiers" de Paris ou de Province atteint des cimes vertigineuses et fait peur aux petits budgets.Un phénomène nouveau et imprévisible enthousiasme les fans cartophiles. Il a pour nom "Internet" ou instrument de communcation virtuel de masse bon marché et ultra rapide. Phénomène ahurissant car les marchands hébergeant des sites vendeurs exhibent des "tonnes de cartes"au choix et à tous les prix. Du jamais vu ! Certains rétorquent que c'est encore affaire de mode et ça finira un jour par s'auto anihiler ? Notre réponse est: "qui vivra verra" . Chanel, la grande créatrice de mode féminine française , "la vieille célibataire" a lancé ironiquement "la Mode c'est ce qui se démode" ! Diantre ! elle savait de quoi elle parlait ?

Pour poursuivre dans notre logique de classification, cette période est appelée "période contemporaine". C'est l'actualité toute crue de l'expansion et de l'extenion de la carte postale et surtout son extraodinaire adaptation-mutation aux pressions dûes à l'avénement des expressions numériques et des réseaux sociaux de plus en plus sophistiqués et omniprésents.C'est une révolution culturelle d'une grande ampleur à laquelle nous assistons.Une gouvernance des idées par le peuple pour le peuple! Mais ce nouveau pouvoir est d'une grande fragililé car il vit d'une volatilité éclair et d'une absence de contrat social entre lui et les autres pouvoirs. Les grec anciens l'avaient déjà appréhendé le trop-populisme peut conduire à l'anarchie...et aux abus.

La production contemporaine de cartes postales est trop ample et diverse qu'il nous est difficile de la résumer en quelques lignes.Nous pouvons par contre affirmer qu'elle contient de belles nouveautés notamment en composition formelle, artistique et publicitaire surtout. Oui, la pression du pouvoir commercial et industriel actuel, visant à exploiter au mieux les capacités d'achat et de consomation du public est une chappe pesant quotidiennement sur ses choix et ses décisions. Cependant, l'esprit démocratique régnant des sociétés dites "libérales" laisse une marge de manoeuvre à une créativité indépendante et libre. La production actuelle de cartes postales répond donc dans son ensemble à cette exigence éthique et sociale. Il est possible, moyennant une bonne curiosité d'assembler une collection de catres modernes d'une qualité artistique irréprochable. Des cartes d'artistes tels que Hundertwasser, Folon, Vasarely, Picasso, ( les vraies et non les reproductions ), Joseph Beuys, etc.les dessinateurs Bilal, Grange, Pascin, Mordasini,etc. nous semblent dignes d'intérêt cartophile.

Par ailleurs, une catégorie de cartes nouvelles a fait son apparition sur le marché dés les années 80. Ce sont des cartes anti conventionnelles à support en plastic épais et en matériaux durs: porcelaine, verre, mélange pierreux, fer ,tôle d'avion et argent massif , Optique : laser, hologramme . Et d.'autres que je ne citerai pas. La carte en argent massif est l'oeuvre du grand joaillier italien Bulgari, Elle fut éditée à cette époque à une vingtaine d'explemplaires. Evidemment, ces cartes ne sont pas destinées vraiment à la correspondance tradirionnelle entre messagers humains mais elle satisfont à un certain égotisme d'une race de collectionneur pur ! Oui, ça existe aussi en cartophilie.C'est une caste fortunée haut de gamme.Mais il n'y pas lieu de s'en offusquer ! Le diktat de la Mode et de l'argent gouverne tout. Faisons de ce credo d'un homme d'Etat notre sagesse : "il faut laisser le Temps au Temps".

 

 

 

1.2 Les premières expo internationales de Cartes Postales

En 1881, la France décréta une loi dite "Loi du dépot légal" faisant obligation aux éditeurs et imprimeurs de presse , de déposer à la Bibliothèque Nationale à Paris des exemplaires ( au moins 4 ) de leur fabrication. Cette loi eût permis à la fois de constituer un patrimoine public important d'oeuvres imprimées à but didactique et une mine de sujets pouvant servir à des fin de recherche.Un réservoir immense d'archives culturelles et cognitives . Mais cette loi ne fut malheureusement pas appliquée à la lettre,et de ce fait ces dernières furent prètéritées sérieusement .Cela rendit plus ardu la collecte de renseignemnents sur des sujets divers. De quoi laisser sur sa faim un "rat de bibliothèque". L'Histoire de la Carte Postale s'est mise alors à se constituer bribe par bribe, de mains à mains, de club à club . Le pragmatisme du collectionneur a triomphé .

Carte_libonis_1889_voyagee_1889

Carte "Libonis" 1889

Les expo internationales de cartes postales contribuèrent largement à la propagande et à la diffusion de cet objet de collection. Dans le même temps, elles incitèrent les fabricants à moderniser leur équipement d'imprimerie afin d'augmenter les tirages et de mieux faire face à la concurrence.Par exemple l'Allemagne en 1898 à totalement renouvellé son équipement et devint le premier fabricant au monde de cartes postales tant quantitativement que qualitativement, si bien que la France en est devenue sa cliente principale. Les expo internationales servirent aussi d'alibi à attirer un grand nombre de visiteurs prodiguant une manne à la ville hébergeante. Fait remarquable, les cartes officelles titrant chaque expo firent l'objet d'une créativité originale et séduisante dans le style "illustrateurs". Malheureusement, la circulation de ces cartes est impalpable, ce sont des "chopins" que tout le monde convoite. Trop peu échouèrent dans les ventes.

Expo

Carte expo int. 1899 Venise

Expo

Carte expo int. Bâle 1898

Les premières expo internationales de cartes postales sont :

1894 VENISE

1895 VENISE

1898 MONACO

1898 VIENNE

1898 BALE

1899 LEIPZIG

1899 LICHTENSTEIN

1899 VENISE

1900 NICE

1900 VAROVIE

1903 BARCELONE

1904 PARIS

Nous ouvrons ici une parenthèse . Paris connut dans cette fin du XIX siécle plusieurs grandes expos internationales qui se terminèrent par un feu d'artifices. L'expo internationale le 1900 connut un brillant succés, plus de 70 millions de visiteurs du monde entier vinrent la découvrir. Entre temps, un autre grand événement remua de joie la France. Ce fut l'inauguration en août 1889 de la "Tour Eiffel", qu'on appelait à l'époque la "Giraffe de fer". Le journal "Le Figaro" y installa une imprimerie, d'ou sont issues les fameuses cartes "Libonis" postées depuis la Tour. Ces cartes sont devenues rares aujourd'hui, et certains admirateurs les défendent fièrement en les gratifiant de premières "cartes illustrées françaises" ! Il faut encore se pencher sur cette définition de carte illustrée ? En effet, des illustrations , type gravure, type "repiquage", et type lithographique  "nuage" sont connues depuis 1870. L'exemple de la "MAISON DE LA JARDINIERE" de 1873 porte au recto une illustration dite de "repiquage". La carte dite La carte "Duployé" datant de 1882 est répértoriée dans le Neudin La carte "exposition internationale de Nuremberg "de 1882 est également pionniére etc. Ainsi l'illustration n'est qu'un ornement et les créateurs des premières cartes de correspondance l'avaient bien compris. Le but basique étant la corrspondance.

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Carte de corresp. française 1872 repiquée.

Dans un autre chapitre, nous avons largement developpé les défintions de la carte postale communément acceptées Le lecteur pourra y réferer.

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Dos de la carte de corresp.française 1872 repiquée

 

 

2.1 Statistiques de Production de cartes postales 1885,1889,1902,1903

La première semaine qui a vu la naissance de la première "Korrespondance carte" à Vienne le 1er octobre 1869, s'est conclue par la vente de plus de 9 millions de ces bristols.Le succés auprés du public fut donc total. Pendant ce temps, les éditions privées pousuivirent leur but : des cartes lithographiées monocolores principalement proposèrent des vues de sites, hôtels et chateaux sans souci de qualité esthétique. L'Autriche, l'Allemagne, la Suisse se partageaient le terrain de vente durant les années 1880-1890- Un peu plus tard, les Etats-Unis éditèrent des cartes litho graphiées en couleurs d'assez bonne tenue, telles les fameuses "expo int de Columbia de 1889". Les "Gruss Aus " germaniques et suisses, tinrent une place primordiale. Cependant, l'Allemagne, vaste pays industrialisé entreprit de moderniser ses ateliers d'imprimerie, rénovation qui va donner un essor sans précédent à l'émission de centaines de millions de cartes postales, qui vont se propager jusuq'en Asie et au Moyent-Orient. Pour cette raison, la France alors sous-équipée en la matière, commandait sa production à ce pays. D'autres pays d'Amérique et du monde hispanique en dépendaient . En effet, le premier Congrès Postal fondé à Berne en 1874, vit la domination totale de l'administration postale allemande sous la houlette du Dr Henrich Von Stéphan, esprit brillant et méthodique inventeur de la "Offene Postblatt", ambryon de la "Korrespondance Karte "autrichienne.Un peu plus tard, les nombreux déplacements à l'étranger du Kaiser Wilhem II furent une aubaine pour la poste allemande. D'autre part, les périodiques dates clé des rites chrétiens : Pâques, Ascension, Noél, plus le Nouvel An étaient prétexte à la fabrication de grandes masses de cartes. Cependant, l'internationalisation de la carte postale, commença effectivement dés le Congrès Postal interntional de Paris de 1878. L'adoption unanime du vocable "Carte Postale" devient effective.

Rappelons que la première rèunion des régies nationales postales à Berne en 1874 donna lieu à la créationde le "l'UGP", union générale des postes , laquelle sera renommée UPU , union postale universelle en 1878.Cette institution réunit premièrement les pays suivants : Allemagne, Autriche-Hongrie,Belgique, France, Grande Bretagne,Etats-Unis, Danemark, Suisse, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas,Portugal, Roumanie, Russie, Serbie,Suède, Turquie et Egypte,soit dix neuf institutions postales nationales. Chaque pays, imprima dans sa langue nationale,le vocalbe "Carte Postale" conjointement au titre central Union Postale Universelle sur le verso de la carte de correspondance. La carte postale illustrée sera de nature privée et le restera longtemps, sauf à des occasions de jubilés ou évenements de prestige national, dans ce cas là, la carte est couplée avec un timbre commémoratif.

 

Tableau des productions en millions

1885 All 50 M , Japon 35 M CH 13 M Aut.Hon,10 M Ang. 10 M FR 6 M.

/ 1889 All. 88 M CH 19 M Ang. 14 M Bel.12 M FR 8 M

/ 1902 All.1.013 M USA 670 M Ang.500 M,Bel. 500 M Fr. 300 M CH 50 M

/ 1903 All 1.161 M USA 770 M Ang, 613 M Japon 487 M Fr. 400 M CH 55 M

Ce tableau démontre, s'il en est besoin de la suprématie totale de l'imprimerie allemande.D'autre part la croissance de la production pour plusieurs pays est fulgurante.

 

 

 

 

0.7 La Renaissance

Comment la carte postale connût-elle une vive renaissance à paritr des années 1970 ? Quelles en sont les causes ?

La passion de la carte postale prit son envol vers la fin du XIX siècle. En effet, un journal rapporte, qu'en 1899 Emile Strauss d'Alsace créa la première revue "la carte postale illustrée" et un premier club de cartophiles est né à Strasbourg. Dans la même année "L'international Post Card Club " ( IPPC ) est créé à Londres.En Allemagne, "l'internazional Ansichtskartensammler Assoziation" est fondée le 30 décembre 1899 à Leipzig. D'autres clubs suivirent dans d 'autres villes de France et notamment à Paris. La première expo internationale de cartes postales de 1894 à Venise ouvrit solennement la marche en avant de la carte postale, et lui donna une force de vie continue. Mais la guerre mondiale de 1914-18, d'une part en raison de la conscription des hommes, du ralentissement de l'activité industrielle et postale, d'autre part, sonna le glas à toute véllité collectionniste. La guerre laissa peu de place aux loisirs. Néanmoins, une timide reprise parcourut rapidement les pays européens pendant la période entre les deux guerres mondiales,sans soulever de l'enthousisame. Puis entre 1945 et 1960, ce fut la traversée du désert, la demande chuta brutalement. Heureusement les greniers et les galetas des maisons des villes n'ont pas trop souffert des cataclysmes de la 1ere guerre, celle-ci agissait sutout de l'éxtérieur. On racontat que vers l'année 1950 , on pouvait trouver sur les quais de Seine chez les bouquinistes parisiens pour 50frs français, un joli album contenant plus de 100 cartes postales intéressantes ! Puis pendant les "trentes glorieuses" ( 1945-1975 ) les affaires prospèrent , la vie prend des couleurs, la curiosité populaire s'éveille, alors, comme le "sphinx renaissant de ses cendres", la carte postale rebondit de toutes ses forces.

Quelques étapes marquantes

En 1952 -56 , Le peintre surréaliste belge René Magritte ( 1898-1967 ) créa un fanzine intitulé " la carte postale d'après nature" accompagné d'une série de 10 cartes postales. Etonamment, cette action est passée sous silence et ne connut point de médiatisation.

En 1966, Aldo Kyrou, un spécialiste français des études postales , publia son livre "l'âge d'or de la carte postale". Livre secouant énergiquement les cocotiers,une des meilleures publications du moment ! Dans la même année également, "le Cartophile", opuscule de cartes postales est créé et diffusé par le "cercle de collectionneurs parisiens de cartes postales anciennes" qui par la qualité de ses membres , ambassadeurs, écrivains, colonels retraités, experts en études postales, livrera régulièrement des textes magistralement élaborés. Ce club de caciques, cessera ses activités vers 1996. Nul doute que ses "cahiers" aient solidement instruit un grand nombre de ses lecteurs. La qualité des publications était sans commune mesure avec ce que le marché des cartes postales d'alors pouvait offrir.Dommage, une petite académie française de cartes postales disparut, en laissant sur leur faim nombre de ses fidéles.

1972, le grand marchand allemand Willy Bernhard, diffusa son argus traduit en français. Des cartes précurseurs ainsi que des rarttetés y figurent. Tous les thèmes y étaient traités. En particulier il y montra la fameuse "carte de Schwartz" voyagée en 1870 !

En 1973, l'écrivain, Frédéric Viaux, fit publier son livre "Carte Postale",édité chez Galimard

En 1974 Gérard Neudin publie son premier argus, lequel connut un succés immédiat en France. Puis, sans interruption, ses annuaires jusqu'à l'année 2000 étaient vendus chez tous les marchands importants à Paris et en Province. Les Argus Neudin sont devenus "le Larousse " du cartophile.Ce spécialiste des Etudes Postales , membre de l'Académie d'Etudes Postales françaises , compila des milliers de documents qu'il présenta successivement dans ses argus. C'est ainsi que les cartophiles de tout pays, grâce aux travaux "archéologiques" de ce visionnaire, prirent la mesure des atouts de la carte postale. Gérard Neudin a travaillé comme un savant de la cartophilie en y mettant de l'ordre et de l'intelligence. La communauté mondiale des collectionneurs cartophiles lui doit beaucoup.

Parallélement Lu Van, un autre expert parisien se fit connaître par sa profonde connaissance de la cartophilie.

L'Hôtel Georges V à Paris ,sous l'égide de l'association de marchands cartophiles, organisa en novembre 1975 le " 1er Salon International de la Carte Postale illustrée", Dans ce cadre somptueux des collectionneurs du monde entier se rassemblèrent. Les cartes "illustrateurs" trouvèrent grâce auprès des clients américains, en particulier les cartes d' Alphonse Mucha. C'est le début d'un marché qui d'année en année connaitra une croissance continue.Suivirent des bourses à Milan,Prague,en Suisse et en Autriche.

En 1975 églament, à Vésoul, l'une des toutes premières sociétés de ventes aux enchères de cartes postales et d'affiches venait dêtre crée.

En novembre 1978, la première exposition officielle de l'ère moderne dite "la carte postale" eut lieu au Musée des Arts et Traditions Populaires à Paris, laquelle connut un franc succés.On peut pour ainsi dire que notre héroïne venait de recevoir une reconnaissance, un "Titre de Noblesse". Aujourd'hui, les bourses de cartes postales sont non seulement nombreuses et organisées quasi mensuellement, voir bimensuellement dans certaines villes fançais mais également dans d'autres villes du monde. Elles font courir des dizaines de milliers de fans qui ne sont pas avares de kilomètres et de temps , tdes centaines de marchands les attentent dans leurs stands.Quelques millions de ces petites images les attendent aussi.! Autre phénomène surprenant, après queqlues années de rejet,la carte postale à trouvé peu à peu grâce auprès de marchands philatélistes, et non des moindres, constat inimaginable au commecement de sa renaissance , dés 1960 ! Emile Strauss de 1899 eût-il imaginé qu'une carte du Bahaus vendue en 2010 à Salzbourg ( Autriche ) pouvait trouver amateur à 5000 euros (sans les taxes) ? Une carte postale plus chère qu'un tableau de maître-peintre !

En 1978 également , François Beaudet, collectionneur et marchand parisien, publie son "Encyclopédie de la carte postale", ouvrage contenant de nombreuses illustrations et la présentation "in extenso" de la célébre série des "Cents", série rare.

En 1980, un autre marchand important M.Mordente, édita son livre synoptique sur les cartes italiennes.On y découvre entre autres les très belles cartes illustrateurs au pochoir de l'artiste Meschini, un régal des yeux !

En Europe de l'Est, Tchékoslovakie, Pologne, Hongrie, des bourses de cartes postales émergent.

En 1988, un Musée Mucha est inauguré à Prague. Les oeuvres de cet artiste majeur de "l'Art Nouveau" déplacent des milliers de fans américains. Il faut rappeler que cet artiste vécut de longues années dans leur pays.

Nous avons cité les bonnes années qui ont suscité une certaine effervescence dans le domaine cartophile. D'autres exemples pourraient être cités.Mais nous éviterons de lasser le lecteur par une trop longue énumérration. L'essentiel a été dit...