Dans le vaste champ de thèmes que décrit la cartophilie, celui-ci se distingue singulièrement de l'ensemble. A cela, nous voyons trois raisons au moins : 1 ) la rareté de ses cartes , 2) Une demande pressante, 3) La forte cotation de ses cartes sur le marché. Par ailleurs, il possède des atouts remarquables qui le différencient du reste . C'est un thème fascinant , convoité et prestigieux de notre doux hobby. Constamment thésaurisé, recherché et chèrement acquit..Les riches collectionneurs allemands, les américains afficionados d'Art Nouveau, les amateurs d'art potentiellement aisés, sont ses principaux thésauriseurs. Il est vu comme le "primus inter pares" de tous les thémes. On le gratifie parfois de "Shintoï " de la cartophilie. Comment alors ne pas l'évoquer et en décrypter les codes et les secrets.?. Ne pouvant faire face ici à l'ampleur du sujet, ( il faudrait un livre à lui seul ) nous nous contenterons de le traiter dans ses grandes lignes. En effet,de nombreux ouvrages substantiels lui furent consacrés. Des copies, des surcopies, des reproductions de ses cartes infiltrent les marchés.
Toute collection a ses "must ", autrement dit ses trésors, ses fleurons, au propre et au figuré sans lesquels elle n'exercerait pas longtemps son attrait et son aimentation. Car alors, elle finirait par lasser et disparaitre d'elle-même. Et quoique qu'on pense, toute collection doit livrer et distiller un miel ou un plaisir incandescent, lequel tire sa force de ses qualités intrinséques, de sa particuliarité et de sa beauté. Les Musées ne s'y prennent pas autrement pour choisr les objets de collection.et en faire des trésors historiques. Toute collection doit constamment s'enrichir et préserver ses valeurs : Molière a compris cela :" La beauté d'un visage est le pus doux des spectacles".
Ainsi la collection de cartes postales illustrateurs rayonne d'une lumière particulière, lumière pénétrante par ses qualités picturales, d'abord, ensuite historiques, car ses inventions sont indissociables de la domination artistique europèenne qui eut cours pendant la période charnière du XX siécle. En effet, il est facile de lire sur ces cartes les signatures illustres de maîtres-peintres parmi les plus doués de leurs temps, citons : Manet,Toulouse-Lautrec, Bonnard, Redon, Maurice Denis,Steinhlen, Villon, Mucha, Cheret, De Feure, G.Meinier, E.Grasset etc pour la France ; Kokochka, Schiele, Koloman Moser, Noholy.Magy, etc pour l'Autriche; Meschini, Zecchin, Martini, Chiostri, Tato etc pour l'Italie , Kandinsky, Klee, Feininger, Rotluf.Schmit, Mack, etc pour l' Allemagne, pour ne citer que quelques uns parmi les anciens ayant évolué à l'aube du XX siécle . Parmi les contemporains on peut citer, Picasso, Hundertwasser, Folon, Tinguely,Joseph Beuys, Wahrol, Pasquiat, Baselitz, Bilal, Harring, Grange,etc. En fait, sa lecture conte l'histoire illustrée d'événements artisitiques et culturels qui ont jalonné cette période.
Origine et réalisation des cartes postales illustrateurs.
Les anglais les appellent les "Masterpièces Post-Cards".
Précaution: ne pas confondre carte illustrateur et carte illustrée !
Dans les années charnières du début du XX siècle, vers 1890-1900, une industrie prospère et diversifiée prenait naissance en Europe. Les articles pharmaceutiques, domestiques, peinture laquée,cigarettes et liqueurs, biscuits,papier à cigarettes, cycles, motos, trains, bâteaux, etc foisonnaient et avaient donc besoin de réclame bon marché de "marketting" , dira-t-on aujourd'hui.terme inconnu pour les publiscistes d'alors. Cette profusion d'articles est sans doute le corollaire d'une mécanisation croissante dûe aux inventions techniques nombreuses du XIX siècle. Ainsi, désirant promouvoir leurs produits, les industriels aussi bien que les grands commerces lancèrent les "Concours d'Affiches", illustrations géantes sur papier collables sur murs des villes, qui du reste ont toujours cours de nos jours. Pour cela, il invitèrent des dessinateurs, des aritstes- peintres les plus en vue du moment à composer des affiches vantant leur articles. les meilleurs obtinrent des prix.Les artistes parmi lesquels de grosses pointures de l'époque se mirent au travail . Certaines séries de cartes illustrateurs sont la purement et simplement la reproduction miniaturisée de ces affiches. Elles portent identiquement la mention "Concours" La série Job en est un exemple parfait. On peut y lire le nom du lauréat. La série Cocorico, Job, Byrrh illustrent clairement ce processus de propagande commerciale. L'excellent livre L'Affiche dans le monde" d'Alain Will, le Consevateur du Musé de l'Affiche de Paris, induit immédiatemnt cette hypothése. Ainsi donc,la fille carte illustrateur est la copie fidéle de la mère affiche. D'autre part, moults journaux français de l'époque devaient leur succés grâce aux belles illustrations imaginées par les déssianteurs et artistes-peintres. Citons quelques uns : l'Assiette au beurre, le Journal Parisien, la Revue Blanche, la Mode, Parisienne, le Cocorico, la Gazette de Paris etc.
Des séries de cartes illustrateurs remarquables faisant le bonheur de fans actuels doivent leur existence via ce procédé. C'est la raison pour laquelle on appela cette période " l'âge d'or de l'affiche", période dominée par Chéret dit "inventeur de l'Affiche" en couleurs. Les actions innovatrices de la mode féminine des maîtres-couturiers, Doucet, Poiret et Dior, bouleversa les habitudes vestimentaires des belles bourgeoises, et pour appuyer son attracticité, ils multiplièrent les journaux de mode, dans lesquels d'exquises illustations foisonnèrent. L'industrie d'exportation française en matière de mode connut alors son meilleur saut, ses retombées en économie nationale gonflèrent le trésor public. Le théâtre scénique, les ballets, l'Opéra lyrique, la "Grande Musique", berçèrent mélancoliquement les soirées mondaines, les affiches assurant le meilleur impact. On a reproduit ces affiches et on les lancées comme comme une bouteillle à la mer, On ne douta guère de leur succés phénoménal survenu un siécle plus tard . On a de quoi être étonné le prix de certaines de ces cartes, par ex .la carte "Cycle Waverly" de Mucha , se vend 5 à 10 fois le pris de l'affiche, s'il on en trouve encore. Une carte "Kandinsky " de la série Bahaus ( 20 cartes ) se vent à prés de 5000 euros; sans les taxes ? La série BAUHAUS complète a atteint 70.000 euros ! Pour la série prestigieuse viennoise "Wiener Werkstätte" de1100 cartes environs, impossible d'articuler un prix. Une seule de ses cartes de l'artiste Egon Schiele, fait entre 3000 et 4000 euros ! Ces séries là ne furent dévoilées dans leur totalité au public que récemment. Et c'est tant mieux, car maintenant leur 'intérêt s'est accru considérablement. Mais, il y a la mode et on verra ? Et à cet égard, Impossible de faire des projections d'avenir. Pour l'instant, elles continuent à fasciner et des investisseurs semblent se bousculer au portillon chez Weissenbock à Salzbourg !
L'énumération ci dessous des séries illustrateurs n'est pas exshaustive. Nous en sommes loin, car leur liste est si vaste d'une part, leur nationalité spécifique d'autre part, que cela nécessite un volume à part.Nous nous limiterons aux principales, celles qui passent régilièrement ou temporairement dans les ventes, à quelques exceptions près.Les séries précitées complètent ne passent quasiment jamais dans les ventes, tant elles sont rares, voir très rares ! je n'en connais personne au monde possédant simultanément ces deux séries ! Encore un aspect phénoménal de notre hobby.
Afin de donner plus de clarté à notre sujet, nous présentons les séries illustrateurs par pays.
FRANCE
Comme il vient d'être dit plus haut, la vogue de l'affiche d'art sous la férule de J.Cheret en 1898, a donné suite à une explosion dans l'édition de cartes postales illustrateurs .Aussi la mode féminine dans sa pleine éclosion , augmenta-t-elle la force séductrice de l'illustration en couleur de la carte postale. Les séries listées ci-dessous sont donc en couleurs. Généralement, les cartes de ces séries sont numérotées. Le projet de concours se reconnaît du fait de la participation récurente de certains artistes dans plusieurs séries.L'éditeur Champennois accapare à lui seul l'impression de plusieurs cartes illustrateurs et notamment celle de Mucha.
1) La série Cinos
Cette série est éditée en 1898. Elle comprend environs 25 cartes.Elle est particulièrement prestigieuse en raison de la participation de l'artiste fameux mais nabot,Toulouse-Lautrec dont la carte a la plus haute côte et qui est rarissime.
1) J.Cheret,2,3,4,5,6,7, 8 Duizolle, 9 Grasset, 10 Japhet, 11 Métivet, 12 Mucha, 13 Mucha, 14 Mucha, 15 Mucha, 16 Noury, 17 Pal, 18 Patridge,19 Patridge,20 Redon,21 Redon, 22 Redon, 23 Tabouret, 24 Musée Grevin, 25 La Goule ,Toulouse Lautrec
2) La série Cocorico
Cette série date de 1900. Elle provient de la revue Cocorico.Elle comprend 12 cartes dont la plus prestigieuse est celle de Mucha.
1) Does, 2 Faverot 3 De Feure 4 Kienerk,5 Kupka, 6 Léandre, 7 Michael 8 Mucha 9 Popineau 10 Roubille, 11 Steinlen, 12 Willette
3) La série "collection des cents"
Cette série est éditée en 1901. Elle comprend 99 cartes. Cette dernière souffre d'un défaut à nos yeux : le manque d'unité . En effet , un mélange de genres la parcourt .On y trouve du très bon , du puéril, et du moins bon. La numérotation est incertaine, non garantie et peut-être aléatoire, voire arbitraire.C'est une série un peu abracadabrandesque.
Son titre prend son sens dans l'exposition régulière de peintres groupés en "Salon des cents", à Paris, groupe de peintres séléctionnés et oú dominent des dessinateurs bien plus que des peintres. Sa position consistait à défendre sa place face au "salon des indépendants" une autre association d'artistes-peintres aussi remuante mais néanmoins moins combative
1 Merson, 2 Morin, Morin, 4 Steinlen, 5 Borgex, 6 Sem, 7 Girardot, 8 Léandre 9 Boutet, 10 Cadel, 11 Grégoire, 12 Mucha, 13 Mucha, 14 Caran d'Ache, 15 Lebegue 16 Baer, 17 Bonnet, 18 Grasset, 19 Bac, 20 Bac, 21 Ranst, 22 Lebegue, 23 Wely, 24 Wely, 25 Lelee, 26 Willette, 27 Guilaume, 28 Villon, 29 Chapron, 30 Boiry, 31 Giraldon, 32 Pean, 33 Henrida 34 Le Petit 35 Escudier, 36 Gorguet, 37 Dola, 38 Noury, 39 Jouve, 40 Cheret, 41 Cadiou, 42 Conrad, 43 Conrad, 44 Flament 45 Guignebault, 46 Burret, 47 Verneuil, 48 Follot, 49 Le Petit, 50 Varé, 51 Hera, 52 Guerin, 53 Kauffmann. 54 Cause, 55 De Beauvais, 56 Tild, 57 Auriol, 58 Herbinier 59 Fernel, 60 Cassel, 61 Widhoft, 62 Bigot, 63 Gambey, 64 Riom, 65 Maetlstete, 66 Delau , 67 Chantesais, 68 Paris, 69 Marodon, 70 Dinet, 71 Vallet, 72 Hermann, 73 Huard, 74 Lewis, 75 Chivot, 76 Frog, 77 Kosa, 78 Naudin, 79 De Barberies, 80 Baschilec, 81 Cappiello, 82 Espinasse, 83 Gerbault, 84 Gose, 85 Grün, 86 Ibels, 87 Jacqiuer, 88 Jossot, 89 Lem 90 Le Riverand, 91 Metivet, 92 Meunier, 93 Mirande, 94 Orens, 95 Robida, 96 Roubille, 97 Testevuide, 98 Vogel, 99 Lem
4) La série Byrrh
Cette série doit son nom à une liqueur à base de quinquina. Elle comprend 113 cartes et sa création date de 1906. Une condition était imposée à tous les concurrents. Chaque affiche doit comporter la mention entière "Byrrh,tonique, hygiénique, à base de vins généreux et de quinquina". C'est une série portant les noms des poids lourds dessinateurs affichistes de l'époque. De nombreux lauréats ex-equo sont mentionnés. A remarquer l'absence de Mucha, Cheret et Grasset. La série est un modéle de virtuosité affichiste des artistes présents. La créativité et le parfait équilibre de la mise en page est exemplaire. Cette série est très séduisante dans sa présentation complète. Elle tient bien la côte sur le marché.
Par ordre alphabétique :
Albertitus, André , André(2 ) , Barlangue Baeyen , Beaune Miller, De Beaupre, Bezon, Bofa, Boulanger, Boulet,Bourgeois, Briot, Brouillet, Brugairolles,Bruyer,Butteri, Cadiou, Cardona,Cartège, De Casimacker, Cauche, Chamson, Chenet, Cleret, Croize , Debize, Delaspré, Delaunay,Delorme,Deluermo,Denis.M,Desrousseaux, De touche, Diana, Dufau, Dumas, Edelmann,Engel, Falke, Félix, Foache, Forestier, Gardette, Du Gardier, Gauret,Gezel, Giraldon, Glukowski, Gos, Gosé, Guyon, Hemard, Henning, Herbinier, Hista, Hubert, De lankowski, Jaumandreu, Jayet, Joannon,Kienerk,Kirchner R, De Laban, Lackerbauer, Lamberton, Lançon, Launay, Laurain,Laurent, Leenhardt, Lehmann, Leroux, Levavasseur, Leydet, Londe, Malespine, De Marliave, Marsal, Meunier G, Moloch, Mottez, Paulme, Péan, Le Petit, Le Petit ( 2), Ponsam, on Popper, Poustomis, Quesnel, Redon, Renard, Ridel, Rioux, Rivière, Roz, Rudeaux, Schaan, Schmidt, Selves, De Sen, Spillar, Szekely, Thoren, Torrent, Trilleau, Trinquier, Valotton.F,Van Offel, Vavasseur, Voloz, Walter.
A noter la participation des maîtres : Kirchner, Redon, Valotton, Denis Maurice, L'absence de Mucha, Cheret, Grasset.Cette série circule beaucoup dans les ventes. Peu ont voyagé, c'est un élément qui fait leur charme, vu qu'elles représentent de belles illustrations. Et en général, les collectionneurs tiennent à cet état de conservation ! GervaisEncore une fois, la côte repose sur la célébrité de leur auteur. Valotton et Denis sont au sommet.
5) La série JOB
Jean Pardou, fabricant de papier à cigarette lança un concours d'affiches parmi les artistes en vue , afin de promouvoir son produit, et dans ce cas, fit appel aux plus talentueux d'entre eux: Mucha, Cheret , Meunier, Capiello etc. Cette série fut produite entre 1895 et 1914. Elle comporte des cartes verticales et des cartes horizontales qui sont imprimées sur du papier de décoration du plus bel effet. C'est sans doute la série qui fait craquer l'amateur ! Des sous-séries existent; on en dénombre 5.
La série principale compte 30 cartes connues. Encore une fois, celle de Mucha, très belle, tient le haut du pavé. Les autres artistes ont donné le meilleur d'eux-mêmes.Le comité de séléction du Concours devait apparemment être très exigeant et intransigeant. Il le fut pour le bonheur des afficionados modernes.
1 Bouisset 1895, 2 Meunier G 1895, 3 Cheret, 1896 4 Arche 1897, 5 Maurice 1897 , 6 Mucha,1898 7 Granner, 1898 8 Hernandez 1898, 9 Mucha 1898, 10 Asti 1899, 11 Leandre 1900, 12 Maxence 1901, 13 Gervais 1902, 14 Maxence 1903, 15 Gervais , 16 Gervais, 17 Maxence,1905 18 Casas, 19 Duvocelle 1906, 20 Villa 1907, 21 Rochegrosse 1908 , 22 Gervais 1909, 23 Gervais 1910, 24 Rachegrosse 1910, 25, Gervais 1911, 26 Gervais 1906, 27 Graner 1912, 28 Capiello 1914, 29 Nuc Thuc 1914, 30 Rochegrosse 1914
A noter le succés de P.Gervais avec 7 séléctions. Mucha plaça deux très belles cartes ! Ce cas montre la présence de réels spécialistes de l'affiche car peu de maîtres-peintres peuvent y exceller....La série JOB est une splendide série inégalée et rehausse pleinement le prestige de ce thème. Elle ne circule pas beaucoup, à croire qu'elle attache solidement le coeur de ses collectionneurs. Série croyons-nous qui tiendra longtemps la barre haute des séries françaises et fera honneur aux créateurs de ses affiches.
6) La série Mariani
Cette série comprend prés de 150 cartes , édirées en1910. De la même inspiration que la Byrrh, elle traduit la publicité pour le vin Mariani. Sa fabrication a une particularité : .les cartes étaient groupées par pochette de 30 pièces.Les cartes ne sont pas numérotées. Nous citons une petite séléction d'artistes:
Boutet, Cain, Carrière, Cheret, Faivre, Grün, Hansi, Léandre, Levy Durhrmer, L'Hermite, Maxence, Meunier, Mucha, Muyden, Poulbot, Rabier, Ribera, Robida, Rochegrosse, Roubille, Sem, Steinlein, Valle, Zislin etc.
Cette série apparait comme un doublon de la Byrrh, une sorte de "déjà vu " aussi n'excite -t-elle pas autant que cette dernière. Un peintre original et de grande force y participe: Levy Durhmer. On retrouve aussi les valeurs sûres traditionnelles: Mucha, Cheret, Meunier,Steinlen. Leur cote est inférieure à celle des Byrrh.
L' ALLEMAGNE
Comme on l'a dit plus haut, en 1900 ce pays disposait d'un équipement d'imprimerie très perfectionné. C'est la raison pour laquelle, il se situait dans le peloton de tête de la production. Cependant, bien que certains artistes y excellèrent dans le "Jugend Styl", ils n'atteignirent pas le summum du génie français et italien très à l'aise dans le domaine du beau et du glamour. La Mode en constante innovation à Paris et à Rome, s'exporte hors frontières europèennes. Le goût français et italien dans l'art et la décoration rencontre un écho mondial , les riches et héritières américaines, viennent garnir fièrement leur garde-robe de "French beauty" à Paris. En peinture, en littérature, en architecture, on vient se faire un nom dans ces capitales. Au XIX siècle déjà, le grand poète Goethe lui-même rêvait de l'Italie et le raconta dans son livre "Voyage en Italie".Byron, Hemingway, s'y sentirent en France mieux que chez eux.
Les séries de cartes d'illustrateurs allemands ne sont guère absentes dans ce panorama, mais elles elle ne rencontrent pas un succés comparable à celui de leurs consoeurs françaises et italiennes.
1) La série Jugend
Cette désignation désigne la production de séries éditée par le journal du même nom, et s'inspirant de l'Art Nouveau, auquel les allemands donnérent le nom de "Jugend Styl " La première série de 1898 est chromolithographiée et très stilisée. D'autres cartes "Jugend" sont monocolores et porte la marque du symbolisme juvénile et Pro Nature .
Il faut relever un ensemble de cartes anonymes, à fond vert vif très réussies. Elles représentent des bustes de jeunes beautés dans un cadre floral et végétal enchevetré du plus bel effet, dans le styl Mucha, Art Nouveau. A notre avis, cette série est l'exception et de plus, elle est rare. Elle enchante du premier coup d'oeil. Une autre série de portraits de jeunes beautés à coiffure trés stylisée Art Nouveau sur fond pourpre ou vert moiré, certaines gauffrées, embellissent un album. Dommage, ses artistes ne sont pas identifiés.Une série de six cartes "Darmstadt" représente des femmes à chevelures serpentines rouges rubis et porte la signature de Hans Christiansen, un artiste majeur du Jugend Styl. Du même artiste, la superbe série de six cartes couleurs, grandes femmes "PARIS". La série de six cartes vignettes en couleur de style Mucha de E.Döckere .Une autre série de 10 cartes en couleurs au grand tyle fin du XIX siécle, datant de 1899 porte le titre "JUGGENDSTELLEN POSTKARTE"
2) La série Simplissimus
C'est une série issue également du journal satirique berlinois "Simplissimus". Elle évoque la vie nocturne et l'ambiance éffrénée dans les cabarets berlinois: danse, musique, beuverie et plaisirs relationnels.On y voit des guirlandes mixtes de danseurs à visages masqués éclatants de joie, ou de troupe de danseuses imitant le "fresch cancan". Ces cartes sont déssinées , à la limite de la caricature et en couleurs.Les séries "Lustiger Blatter" et Meggendorfter Blatter" porte sur le genre comique allemand
3) La série Aktion
Cette série rarissime est pour ainsi dire la plus prestigieuse de la production allemande. Des artistes de renom mondial tels que Schmidt Rotluff, Egon Schiele,Feininger y participent, Excepté Schiele, on retrouvera les 2 autres dans l'oeuvre des célébres BAHAUS. La série Aktion est hélas très peu médiatisée et introuvable sur le marché.
4) La série Der Sturm
Pour rendre hommage à ses collaborateurs cette revue a édité un série de portraits d'un certain nombre d'entre eux.Citons : Herwarth,Walde, Gleizes, Archipenko,Klee.Kokoschka et autres...Comme des précédentes, elle souffre d'invisibilté.
5) La série BAHAUS
Cette série comporte 20 cartes postales en couleurs datant de 1923. Elle est très rare et en raison de sa cotation vertigineuse, très peu de collectionneurs en possédent.C'est la plus préstigieuse de toutes les séries existantes et elle fait l'objet d'un combat de titans entre les plus grands marchands de cartes postales. Une série BAHAUS a atteint en 2010 la cote fabuleuse de 70.000 euros, chez Mark Weissenböck à Salzbourg et de nombreux cartophiles ignoraient jusqu'à son existence!
Pourquoi est-elle si chère vous demandez-vous ? Elle est chère en raison de deux critères fondamentaux : 1) On ne connaît que 20 séries, rareté quasi unique. 2) Les signataires sont les maîtres de l'instituion du BAHAUS : Kandinsky, Klee, Marcks, Feininger, Rotluf Schmidt etc. dont les oeuvres peintes se chiffrent par dizaines de millions d'euros chacune. Quelques mots sur le BAHAUS. C'est une école d'architecture moderne fondée en 1919 à Weimar par l'architecte Walter Gropius C'est une "Kunstgewerbschule" , c'est-à-dire une école d'art appliqué,une école intégrant les différents métiers utiles à l'architecture : design, décoration, tissage, travail du métal et du verre, du bois, etc. L'architecture classique était plus monolithique.Gropuis et Van der Hofe, furent les architectes d'une pléthore de gratte-ciels à New-York et à Chicago.
Origine des cartes du BAHAUS
En juillet 1923, l'école organisa "portes ouvertes " afin de familiariser la population de Weimar aux buts et aux maîtres de l'institution.A cette fin, elle commanda à ces derniers, une série de 20 affiches laissant place à l'imagination libre de chacun. Puis de ces affiches on imprima pour le grand public la série de 20 cartes postales reproduisant leurs illustrations. Le BAHAUS connut hélas une vie brève ( 1919-1933 ) en déménageant succéssivement à Dessau puis à Berlin.Parce que l'école était soupconnée d'infiltration de personnalités à sympathie communiste, le régime nazi mit fin à son existence. Goering, en fit un rapport dans lequel il écrivit "J'ai trouvé dans le Bahaus ,l'expression la plus parfaite d'un art dégénéré".
La liste des cartes postales du BAHAUS est numérotée et comprend :
1) Lyonnel Feininger , 2 ) Lyonnel Feininger, 3 ) Wassily Kandinsky, 4) Paul Klee, 5 ) P.Klee, 6 ) Gerhard Marcks 7) Laszlo Moholy-Nagy, 8 )Oskar Schlemmer, 9 ) Rudolf Baschant, 10 ) R.Baschant, 11 ) Herbert Bayer, 12 ) H.Bayer, 13 ) Paul Habere, 14 ) Dörte Helm, 15 ) Ludwig Hirschfeld Mack, 16) Paul Haberer, 17 ) Wolfgang Molnar 18 ) Kurt Schmidt 19 ) K.Schmidt, 20 ) Georg Telschter. Bienheureux celui qui mettra la main sur cette série !
La série du BAHAUS par le prestige de l'institution et celui des artistes de renom international qui l'ont dirigé,par sa cotation actuelle occupe une place considérable dans le thème "Cartes Illustrateurs". Il y a fort peu de chance qu'elle y soit surpassée.
L'ITALIE
L'excellent livre " Art Nouveau" la carte postale de G. Fanelli et E.Goldoni développe une large description de la carte postale italienne. Nous suivons son point de vue:"L'Italie occupe l'une des premières places parmi les pays oú la production et la consommation de cartes postales ont été les plus importantes". L'exposition internationlale de la carte postale" à Venise en 1899 ainsi qu'une succession d'autres nationales en Italie et en Europe vont servir de lanceurs à la production de cartes postales dans nombre de villes : Milan, Rome, Turin, Bologne,Livourne, Montagna,etc. Chacune de ces villes va fonder des clubs et des journaux élargissant les capacités de la collectionnite.A Milan est lancé le mensuel "La Cartolina Postale illustrata", ,"l'indicateur du Philocartiste" le Nouveau journal de Kartophilie et variété pour collectionneurs , et d'autres journaux à Turin, à Rome, Ces journaux éditaient dans le même temps des séries de cartes postales illustrées.Ces expositions et séries connurent un tel succés que l'éditeur Aldo Maggioni put affirmer "L'industrie de l'affiche et de la carte postale s'est développée de manière considérable"...., le public accourt en nombre et pour lesquelles il manifeste son intérêt".
Les séries de cartes illustrateurs italiennes couvrent également un champ aussi vaste que les précédentes mais moins dense chronologiquemet et avec un langage graphiique moins tranparent et moins explicite. L'expression d'un personnage et le charme de sa gesticulation sont plus prononcée que chez les français par exemple et plus gracieuse. Alors que la thématique principale chez les français et la mode et le style glamour, les illustrateurs italiens abondèrent dans un japonisme importé. En outre de nombreux illustrateurs sont d'origne étrangère et réalisent des graphiques qui trahissent leur origine.Les artistes Kienerk,A.Hohenstein,Dudovith, Trenkler, par ex. Des doubles nationalités aussi résident et s'y plaisent dans ce pays.Le pur italianisme est représenteé dans les cartes de Bottaro, Paoletti, Calderara,Zecchini, artiste investi tout entier dans le style sécession viennoise.
Les séries illustrateurs italiens sont peu étendues et se limitent au maximum à 10 cartes. Le chiffre 6 est le plus répandu. Les cartes du début du XX siècle sont chromolithographiées, certaines pour des raisons indiquées plus haut sont imprimées en Allemagne.
Citons les séries remarquables
1) La série I.Camelli : Sorriso, Dodio, Ira, Paura, Dolore, Qiete série sévére et poignante lithographiée
2) La série E.Bottaro : femmes avec lumières . tèrs beau symbolisme de style Art Nouveau, gros plans colorés de jeunes filles.
3) La série " Iris" de 3 cartes de G.Mataloniartini,
Dans les années 1918 ,on retrouve de pléthoriques séries sur la guerre et la propagande.Les artistes italiens excellèrent aussi dans les affiches "publicitaires" durant cette époque et jusqu'en 1940.
De peties séries ravissantes et délicatement ornées sur leur pourtour portent la marque de Meschini. Nani, Chiotri, zendrini, Corbella, Martini, Zaretti,etc animent avec succés les illustrations imprimées. La cotation des cartes italiennes ne grimpe pas aussi vite que les cinos , les viennoises et autres. A contrario des collectionneurs allemands, les italiens sont très attachés à leur production nationale.
L'AUTRICHE
L'autriche est comme on le sait le berceau de la carte postale mondiale . En effet, la première carte postale est viennoise : c'est la "Korrespondenz-Karte" inventée par Emmanuel Hermann et émise le 1er octobre 1869 . Elle connut un franc succés.Dans le domaine des séries de cartes illustrateurs ce pays fut un leader et un géant. Aussi bien qualitativement que quantitativement, l'Autriche mérite la médaille d'or parmi tous les pays ayant brillé dans ce domaine de graphisme glamour et mode féminine. A elle seule, la série "Wiener Werkstätte" ~ 1012 cartes superbement illustrées ne peut prendre place dans aucun album classique, fût-elle trouvable de surcroit ? Mystérieusement cette série demeura logtemps introuvalble et inconnue dans toute sa dimension jusqu'à peine la décénnie 2000-2010. Le marchand Markus Wiessenböck à Zalsbourg fut le seul à en dévoiler sa composition et la presque totlité de la série, et ce par un simple hasard ! Quoique cette série comporte encore quelques "trous" non encore élucidés.Paradoxalement, étant la série la plus rare et la plus chère, elle souffrit pendant plusieurs décennies d'une sous médiatisation ahurissante, incompréhensible. Aucun livre ni catalogue des décennies passées n'eut le privilége de la présenter, pas même en partie. Le marchand Weissenbock, imprime dans chacun de ses catalogues trimistriels, une diziane voire une vingtaine de ces cartes qu'il vend haut la main en dépit des taxes élevées qu'il charge..
En quoi cette série "Wiener Werkstätte" est-elle si importante ? Elle est importante pour au moins trois critéres : a) Les signataires sont parmi la crème des peintres illustrateurs de l'époque si célébre" Sécession".Excepté G.Klimt, peut-être trop absorbé par la fondation et la direction de l'école "Kunsgewerbschule" de Vienne, on trouve : Egon Schiele, Kokoschka, Koloman Moser, Jung, kalvach,G.Kalahammer, Hoppe, Krenek, Diveky, Jungcikel, Kohler, Likartz, etc.Un grand nombre sur 1012 cartes sont anonymes et non identifiables. Weissenböck a fait paraître le premier catalogue ontologique en avril 2002.C'est le seul qui nous présente la quasi totlité des cartes de cette série, avec leur cotation de l'année 2002.Pae xemple, Egon schiele cote 2500 Euros en moyenne. Kokoschka 500 Euros.Jung ~ 600euros. Likrtz ~ 150 Euros ,Kohler 100 Euros etc Attention ! Certaines cartes non signées valent ~ 400à 500 Euros.
En 1897, Gustave Klimt fonda le mouvement "Sécession" lui donnant comme but "la promotion de la peinture européenne". Le mensuel "Ver Sacrum" en fut son porte-parole.Mais hormis quelques volontaires comptés sur les doigs de la main, ni la fondation ni son journal ne connurent une longue vie. En 1903 déjà le journal cessa de paraître. Du mouvement Sécession, il resta la maison somptuse d'art construite et décorée par cet artiste , connue de nos jours sous le nom de "Urania " Une belle et blanche demeure avec sa sphère dorée sur le toit attire les touristes à Vienne.
Klimt fonda également la célébre école viennoise la "Kunstgewerbschule", d'ou sortiront les épreuves de la série mirifque "Wiener Werkstätte", et il en fut directeur pendant une dizaine d'anneés. Du reste son influence se ressent dans les oeuvres parsemant cette série. Son plus brillant éléve et disciple fut le jeune génie en peinture, Egon Schiele, dont le style est non seulement très personnel mais terriblement fascinant, exprimant parfois des cris moribonds. Ses tableaux sont des chefs-d'oeuvre , des merveilles et les musées d'aujourd'hui courrent à leur recherche.
Les séries Illustrateurs
1) La série Ver Sacrum
C'ette série fut initiée n 1898 par ce même journal et éditée par philipp et Kramer,maison spécialisée dans les cartes couleurs pendant cette période. On reconnaît sa marque au triangle de trois carés couleurs apposé au centre médian en bas de chaque carte.Elle comprend 12 belles cartes couleurs dominées par Kolomann Moser, peintre-architecte et ami proche de Klimt.
2) La série "Jubilaum Austellung" de 1898 reproduisant différentes vues couleurs de la maison "Urania" et autres théâtres viennois. Elle comprend une vingtaine de cartes. toute avec la mention " Jubilaüm Ausstellung Wien 1898".
3) La série "Postkarten". Série de trois belles cartes ocres vert et rouge.
Raphaél Kirchner , peintre dessinateur affichiste autrichien fut sans conteste le plus prolixe des illustrateurs durant le premier quart du XX siécle.Sa virtuosité s'étend tous les genres glamour et l'érotisme raffiné de ses cartes lui attira de nombreux collectionneurs. Sa production fut pléthorique et malgré la beauté et le charme de ses cartes leur cote demeure peu variable. Ainsi leur proxilité joue contre elles. On peut aisément collecter 100 à 200 cartes de cet artiste. Celles à théme japonais sont plus rares et plus accomplies. D'autre part, leur éxotisme importé crée une certaine défiance et limite leur marge.
Plusieurs séries portent sa signature: la série "Soleil* de 6 cartes marron et or. La série "masques" de six cartes érotiques. La série "Um die Lebe* Six cartes ayant un coeur rouge inscrit dans un cercle. Des séries diverses de R.Kirchner sont incluses dans la série "Wiener Werkstätte" .
4) La série "Wiener Werkstätte".
La série "Wiener Werkstätte" est un joyau rare de la collection illustrateur. Cette série a une histoire intéressante à raconter. En effet, longtemps, pendant plus d'un siècle, un mystère plana sur cette série. Aucun marchand, écrivain cartophile, collectionneur, média, ne put connaître avec précision la composition de cette série fleuve. Pourtant, dans cet environnement allémanique, la précision, l'ordre, furent des qualités autrichiennes, mais personne dans ce pays, ne pût trouver trace de ce monument cartophile au complet.Personne ne put dire "Césame, ouvre-toi" et connaître la réponse. Cela ressemble à un trésor caché dans un jardin, et que son propriétaire mourut sans avoir divulgué sa cachette.Je pensais que naturellement, Vienne donnera un jour ou l'autre la réponse, que Vienne criera un jour Eureka, j'ai trouvé ! Mais le hasard, à moins que ce soit un coup fourré d'un diablotin artophile en a décidé autrement. Le marchand salzbourgeois, Markus Weissenböck, fut l'un des rares à publier tri annuellement des catalogues ò combien somptueux, sur des cartes illustrateurs; d'Autriche, d'Allemagne, de France, d'Italie etc et contenant de cas en cas quelques cartes WW, une dizaine tout au plus ! Puis un jour, le 27 avril 2002, il sortit un catalogue toujours somptueux sur cette série et dans lequel il lista méthodiquement les numéros et les images. Voici ce qu'il écrivit " This book .... contains the most significant collection ever auctioned " Ce livre " ...contient la plus importante collection jamais vendue aux enchères " Mais oh stupeur ! En le parcourant, j' y constatai des "trous", des dizaines voire plus d'une centaine de cartes manquantes, peut-être plus ! Weissenböck ne peut pas lui-même expliquer cet espace blanc ! Il faut donc attendre un autre coup de pouce du hasard ! Il faut rappeler que la série commence par le numéro 1 et se termine par le numéro 1011 ! La série comporte donc 1011 cartes ! Mais non toutes identifiées ! C'est une affaire Hitckockienne . Mais, on y avance, à petits pas....Nous espèrons qu'un jour, on complètera cette série une fois pour toute !
Cette série fleuve est prestigieuse en raison de la présence parmi ses signataires d'une pléiade de grands artistes, citons quelques uns : Egon Schiele, Kokoschka, Krenek, Diveky, Jung, Jungikel, Koloman Moser,Kalvach,Mela Kohler, Maria Likarz, etc.Les cartes du premier "grandes femmes", côtent en moyenne 3000 Euros ! Kokoschka en moyenne 500 Euros. Kalvach ~ 400 Euros, Likarz ~ 200 Euros etc. On n'insitera pas sur la splendeur de ces cartes! A noter que le recto de ces cartes peut revétir un sigle différend. Le sigle WW inscrit dans un double carré , avec un pourtour vert, ce même sigle existe en bleu . Enfin, certains recto portent un tampon carré WW.
L'Espagne, la Belgique, la Russie, la Suéde, la Grande bretagne, les Etats--Unis, produisirent quelques séries dignes de considération, mais pour des raisons de manque de place, on ne les citera pas ici. La Chine, le Japon et d'autres pays d'Asie en fournirent de belles cartes illustrateurs.Nous avons reproduit une série de la Chine afin d'en initier le public non averti.